RESISTANCE EN CREUSE.

Publié: 8 mai 2006 dans Histoire

De nombreux immigrés prirent part à la lutte contre l’occupant dans la Creuse

Des étrangers dans la Résistance

Chassés de leur pays par la misère ou fuyant des régimes fascistes, de nombreux étrangers réfugiés dans la Creuse combattirent dans les rangs de la Résistance.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux immigrés, hommes et femmes ou fils et filles d’immigrés, jouèrent un rôle important dans la libération de la France qui ne les avait pas toujours accueillis à bras ouverts. Sauf peut-être dans la Creuse où l’on connaissait depuis plusieurs générations la situation faite aux immigrés, fussent-ils de l’intérieur. Dans un livre paru voici près de dix ans, Marc Parrotin a raconté l’engagement de ces étrangers au sein de la Résistance dans la Creuse…

Chassés par la misère et le fascisme

L’auteur rappelle qu’avant 1930, chassés de leur pays par la misère, des Polonais, des Yougoslaves, des Italiens, étaient arrivés dans la Creuse pour travailler dans les mines de charbon de Lavaveix et de Bosmoreau, la mine d’or du Châtelet à Budelière, les carrières de granit du Maupuy et les exploitations agricoles.

Ces immigrés économiques, qui exécutaient les tâches les plus pénibles et les plus ingrates, furent rejoints plus tard par les immigrés politiques républicains espagnols fuyant le franquisme, juifs expulsés  d’Allemagne ou persécutés par les régimes fascistes de Pologne et de Roumanie, exilés de pays occupés par le Reich, Allemands et Autrichiens opposés au national-socialisme…

Dès le début de la guerre, ils allaient être les victimes de la répression organisée par l’Étai Français: rafles anti-juives, chasse aux réfractaires au STO (service du travail obligatoire), sans parler des humiliations d’une administration tatillonne ni des internements qui furent pour beaucoup l’antichambre des camps de Concentration.

Un FTPF allemand

En France, nombre d’immigrés politiques s’étaient affiliés à la MOI (Main d’oeuvre Immigrée), une organisation syndicale créée et soutenue par le Parti Communiste Français.

Après la défaite française de 1940, indique Marc Parrotin, les militants de la MOI rassemblèrent nombre d’immigrés et les organisèrent dans la lutte contre l’occupant allemand.

À la déclaration de la guerre, en 1939, ces antifascistes étrangers furent nombreux à s’engager dans l’armée française et la Légion étrangère, puis ils rejoignirent, après la débâcle de juin 1940, les rangs de la Résistance, particulièrement ceux des Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF). Marc Parrotin rappelle que l’un des premiers FTPF creusois fut un jeune communiste allemand, ancien volontaire des Brigades internationales, Adolphe Low. Il prit une part active à la libération de Guéret, le 7 juin 1944 puis combattit sur le front de Là Rochelle. Après la guerre, Adolphe Low obtint la nationalité française.

 

 

Tués au combat, fusillés et déportés

Espagnols, Italiens, Polonais, Yougoslaves, Tchèques, Hollandais, Luxembourgeois, Roumains, Russes, Portugais, Américains (USA), Autrichiens, Allemands, Suédois, apatrides… Combien furent ils, ces volontaires immigrés, à participer à la libération de la Creuse au sein des bataillons des Forces Françaises de l’Intérieur, des Corps Francs de la Libération, de l’Armée Secrète, des Francs Tireurs et Partisans Français ? Il est impossible de le savoir, en dépit du travail de recensement effectué par Marc Parrotin qui écrit « Nous avons évoqué ceux dont nous nous souvenons le mieux du fait de leur sacrifice ou de la part importante qu’ils prirent dans la Résistance creusoise ».

Une soixantaine d’entre eux payèrent de leur vie leur engagement contre l’occupant allemand et ses alliés français (miliciens, GMR), qu’ils aient été tués lors de combats, fusillés ou déportés. Après la guerre, vingt-sept volontaires immigrés de la Résistance en Creuse, représentant douze nationalités, obtinrent le titre de Combattant volontaire de la Résistance (CVR). La plupart se firent naturaliser Français et restèrent vivre dans la Creuse ou en Limousin.

En cette journée de commémoration du 8 mai 1945, José, Francisco, Ramon, John-Allen, Wolf, Carino, Jacob, Moïse, Josef, Dimitri, Simon, Farmus, Walter et tous leurs compagnons, tous ces « étrangers » grâce à qui la France resta un pays de liberté, méritent que l’on se souvienne d’eux.

 

Paul COLMAR

La Montagne Centre France du 8 mai 2006

 

Ouvrages de Marc Parrotin. « Le temps des Maquis – Histoire de la résistance en Creuse » (1981) ; aux éditions Verso à Ahun : « Femmes de la Résistance en Creuse » (1997) et « Immigrés dans la Résistance en Creuse » (1998). 

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commentaires
  1. Revelune dit :

    bonsoir Oscar,
    bien contente d\’avoir retrouvé ta trace, car ton autre blog est fermé. Je suis sortie moi aussi pendant quelques temps de "public" car j\’ai perdu toutes les photos de mon blog, problème avec l\’hébergeur, et il faut que je les remette sur une soixantaine de textes, et essayer en plus de me rappeler lesquelles j\’avais mises, tu vois un peu le boulot !!!
    Je pense que d\’ici 15 jours ou 3 semaines, tu pourras à nouveau voir mon blog.
    J\’ai reconu dans tes textes 2 de mes images…lol. Je te les donne de bon coeur.
    J\’espère que toi et Annie, vous allez bien. J\’avais craint des problèmes de santé.
    Amitiés,
    Françoise

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