ANTONIO MACHADO: C’EST A GRENADE QUE LE CRIME EUT LIEU

Publié: 18 avril 2006 dans Poésie

EL CRIMEN FUE EN GRANADA:

A FEDERICO GARCÍA LORCA

 

 

I. El crimen

Se le vio, caminando entre fusiles,
por una calle larga,
salir al campo frío,
aún con estrellas de la madrugada.
Mataron a Federico
cuando la luz asomaba.
El pelotón de verdugos
no osó mirarle la cara.
Todos cerraron los ojos;
rezaron: ¡ni Dios te salva!
Muerto cayó Federico
—sangre en la frente y plomo en las entrañas—
… Que fue en Granada el crimen
sabed —¡pobre Granada!—, en su Granada.

II. El poeta y la muerte

Se le vio caminar solo con Ella,
sin miedo a su guadaña.
—Ya el sol en torre y torre, los martillos
en yunque— yunque y yunque de las fraguas.
Hablaba Federico,
requebrando a la muerte. Ella escuchaba.
«Porque ayer en mi verso, compañera,
sonaba el golpe de tus secas palmas,
y diste el hielo a mi cantar, y el filo
a mi tragedia de tu hoz de plata,
te cantaré la carne que no tienes,
los ojos que te faltan,
tus cabellos que el viento sacudía,
los rojos labios donde te besaban…
Hoy como ayer, gitana, muerte mía,
qué bien contigo a solas,
por estos aires de Granada, ¡mi Granada!»

III.

Se le vio caminar…
                      Labrad, amigos,
de piedra y sueño en el Alhambra,
un túmulo al poeta,
sobre una fuente donde llore el agua,
y eternamente diga:
el crimen fue en Granada, ¡en su Granada!

 

Antonio Machado 

 

 

 

 

Traduction partiel en français.

  C’EST A GRENADE QUE LE CRIME EUT LIEU

A FEDERICO GARCIA LORCA

 

 

I – Le Crime

On le vit marchant entre des fusils  
Par une longue rue  
Qui donnait sur la campagne froide  
de l’aube, encore sous les étoiles.  
Ils tuèrent Federico  
Alors que pointait la lumière.  
Le peloton de bourreaux  
N’osa pas le regarder au visage.  
Tous fermèrent les yeux ;  
Ils prièrent…Dieu lui-même ne te sauverait pas… 
Federico tomba mort  
– du sang sur le front, du plomb dans les entrailles –  
… C’est à Grenade que le crime eut lieu,  
Vous savez – pauvre Grenade ! – dans sa Grenade !

 

II – Le poète et la mort

[……]

  

III. 
On les vit s’éloigner… 
Taillez, amis, 
Dans la pierre et le rêve, à l’Alhambra, 
Une tombe au poète, 
Sur une fontaine, où l’eau pleure, 
et, éternellement dise : 
Le crime eut lieu à Grenade … dans sa Grenade !
 
 
 
Traduit par G. Pillement (site: l’Espagne au coeur.)

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