DE LA RETIRADA A LA LIBERTE

Publié: 19 avril 2006 dans Histoire

 

 Bataille de l’Ebre, prisonniers Républicains

 

26 janvier 1939 :

Barcelone tombe aux mains des Franquistes. Trois ans de guerre civile s’achèvent avec la poursuite des Vaincus, Républicains militaires ou civils. Jusqu’à la frontière et parfois sous la mitraille, pour les soldats blessés et les civils, la frontière s’ouvre au matin du 27 janvier. Les familles sont séparées. Ceux restés « au pays » continuent à se battre jusqu’au début du mois de février, qui sonne l’heure de « La Retirada ». Le 9 février, 440.000 réfugiés passent en Roussillon, la plupart immédiatement acheminés vers le littoral, Argelès-sur-Mer, Saint Cyprien, Le Barcarès… Camps de concentration, centres d’hébergement… camps du mépris, mais en aucune manière d’extermination. Dans ces « hôtels des sables », la mort est toujours présente pour les blessés, militaires, civils, vieillards ou enfants. Des historiens parlent de plus de 10.000 victimes. Les causes de la mortalité ? La précarité et l’insuffisance des conditions d’accueil et une hygiène alimentaire et sanitaire déplorable.

 

Dessin de Pierre Daura 

 Les camps ne furent définitivement organisés que le 1er juillet 1939. Argelès comptera alors jusqu’à 100.000 réfugiés sur une superficie totale de 550 mètres de long par 260 mètres de large. Commencée à la fin du Front Populaire sous le président radical Daladier, la honteuse histoire des camps se poursuivra sous Pétain et le régime de Vichy. Bien que contenue contre la mer derrière des barbelés et des rangées de Spahis, la population rouge des camps fait peur. Cette population devra cependant s’organiser et imaginer pour survivre, croire et espérer, entre drame et pastourelle, entre solidarité et rejet, entre évasion et sortie…

Burgos, le 27 février 1939 : une dépêche officielle signée par le maréchal Pétain (déjà !!) ambassadeur de France en Espagne arrive dans les mains du Caudillo. La République française le reconnaît comme seul Chef d’Etat. L’Espagne républicaine a versé son sang sur l’autel d’une liberté mise en péril quelques mois plus tard. 

 

Combien sommes-nous de fils, petits-fils, cousins, neveux issus de l’exil des Républicains Espagnols de 1939 ? Des centaines de milliers, certainement, répartis aux quatre coins de la France. Après l’exil sur les plages, l’internement forcé et le travail obligatoire, les Espagnols se sont petit à petit sédentarisés sur l’hexagone afin de ne revenir en Espagne qu’à la chute du Franquisme. Beaucoup n’y sont retournés qu’en 1975…

Pendant ce temps, ces « exilés » ont écrit quelques unes des plus glorieuses pages de la résistance et de la libération et ont continué à lutter avec des mots: Luis Mariano, Claude Marti, Paco Ibanez, Pierre Garcia-Fons et tant d’autres…

Autant d’immigrés qui nous laissent le plus estimable des héritages : celui de la liberté.

 

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commentaires
  1. pourcel dit :

    Bonjour meme apres la mort de Franco,je ne pense pas que des republicains Espagnols soient retournes chez eux en nombre apres ce qu ils ont vecu
    Comment imaginez vous le retour chez eux de ces combatants, primades,mepris?,
    Je sais que juste apres la guerre les brimades sur les familles de refugies etaient courantes; on tondaient les femmes de rouges…..Vous croyez que ca donnait envi a de pauvres deracines de retourner chez eux??

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