L’AFFICHE ROUGE (1)

Publié: 21 avril 2006 dans Histoire

 

Le 21 février 1944, les murs de Paris se couvrent de grandes affiches rouges. Elles font état de l’exécution  au mont valérien de 23 terroristes membres d’un groupe de FTP (Francs – Tireurs Partisans).

 

 

La propagande nazie insiste sur l’origine étrangère de la plupart de ces malheureux : Arméniens, Juifs d’Europe de l’est, Espagnol…

Français par le sang versé

Le chef de ce groupe de résistants s’appelle Missak  Manouchian. Il est né en Arménie 36 ans plus tôt et a été marqué par le génocide arménien.

Quand il est arrivé en France, en 1924, il a appris le métier de menuisier et adhéré au syndicat communiste et à la CGT. Au Parti communiste, il a fait partie du groupe MOI (Main-d’Oeuvre Immigrée). Pendant l’occupation allemande, il a dirigé à Paris un réseau de résistants communistes, les FTP – MOI (Francs – Tireurs et Partisans – Main – d’Oeuvre Immigrée). Il a été arrêté par la police française ainsi que plusieurs de ses amis le 16 novembre 1943, à Évry Petit-Bourg, sur les berges de la Seine.
 

L’Affiche rouge

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR
LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Louis Aragon, Le roman inachevé (1956)

 

L’affiche rouge, qui inspira à Aragon son célèbre poème, présente, dans sa partie supérieure, les visages des dix partisans. Les traces de trois mois de tortures n’arrivaient pas à effacer l’expression de fierté dans leurs yeux.
Voici les noms des partisans figurant sur l’affiche et les « légendes »
accompagnant la photo de chacun d’eux :

 
Fingercwajg, juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements ;

Boczow, juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats;

Witchitz, juif polonais, 15 attentats;

Wajsbrot, juif polonais, 1 attentat, 3 déraillements,

Elek, juif hongrois, 8 déraillements,

Grzywacz, juif polonais, 2 attentats,

Fontanot, communiste italien, 12 attentats;

Rayman, juif polonais, 13 attentats;

Alfonso, Espagnol rouge, 7 attentats;

Manouchian. Arménien, chef de la bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés.

(A Manouchian on attribua toutes les actions de son détachement.)

 

Sous les photographies des « terroristes » figurent, à côté d’images de catastrophes ferroviaires et d’un arsenal d’armes des partisans, des corps criblés de balles : les « victimes » des « terroristes ». Le texte ne comporte que quelques mots : en haut : « DES LIBERATEURS? »,
en bas : « La Libération! Par l’armée du crime ».

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