DE L’ANTIFRANQUISME A LA RESISTANCE EN FRANCE

Publié: 16 novembre 2006 dans Histoire

DE L’ANTIFRANQUISME EN ESPAGNE A LA RESISTANCE EN FRANCE – 1936 – 1945

BAGNOLET 2 MARS 2006

Conférence de Pierre REBIERE, Secrétaire Général de l’ A.C.E.R

Nous sommes en 2006 et, pour la 70ème fois, nous célébrons « 36 ». « 36 » comme on dit « 89 », comme on disait « 17 », sans préciser le siècle, comme pour le début d’une ère nouvelle et, pour « 36 », comme un instant fugace, éphémère, d’un bonheur jamais vraiment retrouvé depuis… Car en 36 on crut le bonheur gagné, par les urnes, grâce à la coalition des forces de gauche, grâce aussi à un exceptionnel mouvement social. Dans la foulée de la victoire de Mai, le gouvernement socialo radical, dirigé par Léon BLUM, avec l’appui (mais sans participation) du parti communiste, impose au patronat des réformes quasi mythiques : les 40 H., les deux semaines de congés payés, l’augmentation des salaires, des mesures de protection sociale, un statut du fermage et du métayage, la création d’activités d’éducation populaire, etc.… Du jamais vu, ni en France, ni en Europe, en dehors de l’URSS et encore… C’était le « FRONT POPULAIRE ».

Les plus jeunes à l’avoir vécu ont entre 80 et 90 ans ; les générations ultérieures y ont vu un « âge d’or », à faire renaître pour les uns, à éradiquer à tout prix pour d’autres, fût-ce au prix de la trahison. Cette « idée de bonheur nouvelle en Europe » pour paraphraser Saint Just, – l’idée d’un « Front populaire », plus large que le « Front de classe » qui avait prévalu  – cette idée était apparue à la faveur des ravages de la Crise de 1929, avec ses dizaines de millions de chômeurs et la montée des fascismes qui rassurait les possédants.

Jusque là – et en particulier en Allemagne et en France – un lourd contentieux avait opposé les partis ouvriers restés dans la II ème  Internationale (celle qui avait soutenu la boucherie de 14-18), et ceux qui avaient rejoint la III ème  Internationale, celle de la Révolution bolchevique de LENINE.

Des affrontements, parfois sanglants, étaient nés de ce contentieux : en Allemagne, ç’avait été un ministre de l’intérieur social-démocrate qui avait réprimé la révolution Spartakiste, en 1919, et fait assassiner, par les Corps Francs, Rosa LUXEMBOURG et Karl LIEBKNECHT, ses leaders. Treize ans seulement plus tard, en 1932, c’est ce même sang qui empêche de faire front contre la résistible ascension de « M. le Chancelier Adolf HITLER » ; et ç’en est vite fini de la République de Weimar : un mois après la prise du pouvoir, dès Mars 33, les libertés publiques sont supprimées et les opposants internés dans les premiers camps de concentration suivront ensuite les « races inférieures » et les « bouches inutiles », jusqu’en Mai 1945.

Hors d’Allemagne, le fascisme, ou ses variantes, domine l’Italie (depuis 1922), le Portugal, la Pologne, la Roumanie, les Balkans. Il a aussi ses admirateurs dans de vieilles démocraties, en France, en Angleterre, en Belgique, en Suisse…

Le 6 février 1934, l’extrême droite échoue à Paris dans une tentative de coup d’Etat contre la « Gueuse » et c’est dans la riposte républicaine immédiate que l’idée et l’expression de « Front Populaire » naissent et qu’un programme de gouvernement se construit.

En février 1936, c’est d’abord en Espagne que ce concept sort vainqueur des urnes : le « Frente Popular » est un front large, avec ses forces et ses fissures, qui veut sortir le pays de son arriération féodale, cléricale et centralisatrice.

Sur les 500.000 Km² du pays (9/10ème de la France) vivent 24 millions d’habitants, dont 12 d’illettrés, 8 de pauvres, 2 de paysans sans aucune terre ; 0,1 % de cette population (20.000 personnes) règnent sur la moitié des terres ! Au sud ou vers le Portugal, certaines propriétés ont la taille d’une province. Pour corseter le pays et y maintenir cet ordre, il y a l’Eglise catholique et l’armée recrutées justement dans les familles de ces possédants ; le système est fermé, homogène : 5000 couvents, 110.000 prêtres, moines ou religieux, 800 généraux (1 pour 100 hommes), 1 officier pour 6 hommes. Sans compter police et justice.

Depuis 1931 et le départ du roi Alphonse XIII, sixième Bourbon d’Espagne, le pays est une République (la deuxième) issue des urnes – mais administrée par la droite : c’est elle qui avait fait, en octobre 1934, réprimer par l’armée 35.000 mineurs des Asturies en grève. Le Président ALCALA ZAMORA, qualifie de « Sauveur de la Nation » ce  « GALLIFET » espagnol plein de talent et qui a tant fait « merveille » (5.000 tués, 3.000 blessés, 4.500 emprisonnés). Dix ans plus tôt, au Rif espagnol du Maroc, ce général avait déjà fait ses preuves contre ABD el KRIM et trouvé aide et soutien, côté Maroc français, en la personne d’un général nommé PETAIN… Lui-même donc, promis à un brillant avenir, s’appelait Francisco FRANCO…

Cela fait, la répression sauvage ne donne ni travail aux 650.000 chômeurs, ni terres aux ouvriers agricoles. Beaucoup émigrent, en France notamment, car on y manque de bras…

En Février 36 donc, élection des députés aux Cortés qui opposent le « Frente Popular » et le « Frente Nacional » amnistie pour les mineurs, Paix, Pain, Libertés » contre « Espagne Nouvelle, Une, Grande ». La loi électorale favorise la gauche : avec 4 millions de voix (52 %), elle obtient 70 % des députés. Pour la première fois, les anarchistes ont appelé à voter et fait pencher la balance !… Mais, en fait, l’Espagne reste en équilibre, en équilibre instable, tributaire d’une alliance plus ou moins solide.

En attendant, les premières décisions font sortir de prison les mineurs de 34, augmentent les salaires, légalisent les occupations de terres non cultivées par les paysans qui réclament la réforme agraire. Des grèves spontanées éclatent, avec des destructions de symboles de l’oppression comme les églises…

Comme l’été 89 en France, le printemps 36 espagnol engendre la « Grande Peur » des possédants, des privilégiés de toujours, qui ne voient plus de salut que dans l’armée. D’autant que – de notoriété publique –  celle-ci complote et en toute impunité. Au sein même du nouveau gouvernement, certains  craignent que n’éclate une vraie révolution, une révolution sociale…

Et le 18 juillet 1936 le signal du « pronunciamiento » éclate depuis le Maroc espagnol, lancé par FRANCO : « Dans toute l’Espagne, le ciel est sans nuages ». Immédiatement, 80 % des cadres de l’armée de terre se rallient au putsch.

La guerre civile commence, qui ne cessera que le 31 mars 1939.

Certes, ce n’est pas la première, le 19ème siècle espagnol est rempli de guerres dynastiques à répétition. Mais, dès cet instant, les fascistes d’Allemagne et d’Italie, prennent fait et cause pour FRANCO, le soutiennent en matériel, en pilotes, en armes modernes et, de civile, cette guerre devient immédiatement internationale. Et dans l’immédiat, la prise rapide de Madrid par les rebelles placerait le monde devant le fait accompli et ôterait toute légitimité à la République.

Car si le fascisme, en 1936, a le vent en poupe, pour s’imposer à l’Europe, il a quand même encore, besoin de tenir – à l’ouest – la France (et l’Angleterre) en respect. Par ailleurs, MUSSOLINI a des vues sur la Corse et les Baléares et l’Angleterre conservatrice songe à ses intérêts dans les mines espagnoles qui fournissent des métaux stratégiques : cuivre, tungstène, mercure… La City, déjà, souhaite une défaite républicaine et voit d’ailleurs en HITLER le meilleur bouclier contre le bolchevisme –« l’Empire du Mal », dirait quelqu’un aujourd’hui… En écho en France pour la droite c’est « plutôt HITLER que le Front Populaire ».

Donc à l’Ouest, les démocraties pratiquent « l’Apaisement » : HITLER réarme son pays (en violation du Traité de Versailles), il réoccupe militairement la Rhénanie, aucune sanction réelle… Il annexera en 1938, l’Autriche puis dépècera la Tchécoslovaquie (par le traité de Munich), l’Angleterre encourage, la France suit. Côté MUSSOLINI, on envahit impunément la Libye puis l’Ethiopie (seul Etat africain indépendant) : Addis-Abeba tombe en mai 1936. Viendra ensuite l’Albanie.

Cette invasion galopante est évidente pour qui observe une carte d’Europe : mais pour qui ne veut pas l’observer ? Car cette cécité, c’est étonnamment et tristement aussi celle du gouvernement de Léon BLUM en France et elle ne survient que deux mois après sa prise de fonctions. Ce qu’avait annoncé HITLER, dès 1923 dans « Mein Kampf », se réalise point par point –et avec les feux verts anglais et français ! Le Général de GAULLE écrira : « Même les rois de France n’auraient pas commis cette erreur ! »

Ceux qui vont tenter de secourir la République espagnole ce sont donc ceux en Europe que les fascistes persécutent ou exilent et, en France, c’est la « France d’en bas », comme on ne disait pas alors…

« Sur les cimes du Guadarrama, c’est Paris que nous défendons en défendant Madrid ! » s’écrie le Président Manuel AZAŇA. Et le temps presse : 4 colonnes rebelles convergent sur la capitale (3 au Nord, 1 au sud) et les chefs, MOLA et FRANCO, comptent sur la « 5ème Colonne » c’est-à-dire sur leurs partisans dans Madrid même. Le nom est resté…

C’est donc dans ce contexte, et dans cette urgence, qu’apparaissent sur la scène les « Brigades Internationales », formées de volontaires de 54 pays, prêts – comme l’a si bien dit et filmé Frédéric ROSSIF – à aller « mourir à Madrid ».

LES BRIGADES INTERNATIONALES

…apparaissent bien comme la principale réplique des démocrates du monde entier contre l’invasion fasciste en Espagne. HITLER, MUSSOLINI, SALAZAR, font parvenir à FRANCO des avions, des mercenaires, des armes lourdes, des blindés, sans parler du soutien diplomatique ; et ce en dépit de leurs promesses déclarées de « non-intervention » qui ne sert, en réalité, qu’à neutraliser les autres signataires (Angleterre, France et, jusqu’en octobre 36, URSS, où STALINE vient de faire exécuter KAMENEV et ZINOVIEV et prépare les purges de 1937 dans l’Armée Rouge)

En fait, une immense et multiforme solidarité se met en route partout dans le monde : solidarité sanitaire et médicale (des médecins, infirmières, chirurgiens se rendent en Espagne avec matériel et médicaments) ; syndicale (on achemine des véhicules, des vêtements, des vivres) ; humanitaire (on collecte de l’argent, du lait en boîte, de la nourriture pour enfants…) Tout cela est coordonné et en particulier depuis les banlieues ouvrières, par le « Comité International d’aide au Peuple Espagnol »

L’écrivain André MALRAUX, au faîte de sa gloire, recrute à son compte des avions et leurs pilotes : c’est l’escadrille « España »

Des avions et des armes passent en France, avec la complicité de quelques ministres (Pierre COT, avec Jean MOULIN, ou Gaston CUSIN), et l’organisation de la Compagnie maritime France Navigation qui fait la navette entre l’URSS et l’Espagne. Mais, bien sûr, la solidarité majeure, c’est le recrutement de volontaires pour lesquels la France (et PARIS) jouent le rôle de plaque tournante (Avenue Mathurin Moreau, à la CGT, et dans les banlieues comme IVRY, MONTREUIL, BAGNOLET). De Bagnolet, par exemple, partiront 74 volontaires dans les Brigades Internationales, dont 31 dans le Bataillon italien « Garibaldi » de la XII ème Brigade. 13 sont morts au front, 4 des suites de la guerre (dont Joseph LEFORT en 1952).  Et sur les 57 revenus d’Espagne, 30 au moins ont été recensés comme Résistants (Cf. « Gens d’Espagne… Gens de Bagnolet » de Jean-Pierre GAST, Edit. Ville de Bagnolet 1998).

Le « voyage en Espagne » de la presque totalité des volontaires de toute l’Europe était organisé dans des baraquements installés à l’une des extrémités de l’Avenue Mathurin Moreau  à Paris 19ème, aujourd’hui siège du Parti Communiste Français, Place Colonel Fabien (ancien Brigadiste et Résistant). Après l’entretien d’incorporation et une visite médicale, les volontaires sont généralement logés dans des municipalités communistes de la région parisienne. Ils étaient ensuite transférés dans des locaux du syndicat CGT Bd de l’Hôpital à Paris 13ème, avant d’être en majorité conduits en gare d’Austerlitz située à proximité pour prendre le train Paris Perpignan partant à 22H17. Certains (notamment avant le blocus maritime de 1938) sont dirigés vers Marseille d’où ils empruntent le bateau. Certaines personnalités importantes partant de Paris empruntent aussi la ligne Transpyrénéenne Paris-Toulouse-Foix-Puigcerda-Barcelone, qui sera aussi (trop rarement en raison de la  non-intervention) la seule  utilisée, avec la complicité de syndicalistes CGT des Douanes et de la SNCF et de certains hauts fonctionnaires français, pour du transport (discret) d’armes en provenance de Mourmansk (URSS), débarquées au Havre et à Bordeaux, afin d’éviter le blocus maritime.

A Perpignan, ils étaient logés dans les locaux d’un ancien hôpital militaire. Jusqu’en février 1937 ils étaient conduits à la frontière en autocar, d’où un petit détour à pied les conduisait en Espagne. Après le 21 févier 1937 et le renforcement du contrôle de la « non intervention », le « centre de transit » est transféré de Perpignan à Béziers et les volontaires sont logés dans des familles de militants du front populaire.

La grande majorité des passages s’effectue alors en dehors des itinéraires routiers, généralement sous la conduite de militants communistes du secteur. En fonction des contrôles, les itinéraires utilisés sont de difficulté variable, col de Banyuls, Col de Pal, Col de l’Orri, Col de la Marelle où se trouve le monument au Président Luis COMPANYS sur les lieux choisis par PICASSO et PAU CASALS ; A peu de distance de La Vajo (direction du Col de Lli) se trouve le Mas Barris où furent hébergés les Présidents AZAŇA, José AGUIRRE, NEGRIN, lors de la Retirada, en Février 1939 ; à proximité se trouve également une ancienne mine de talc ou, selon la légende, aurait été caché l’or de la République ; les itinéraires des « Salines », au-dessus de Céret et Coustouges, furent également utilisés.

Depuis l’été 1936, il y avait en Espagne, et notamment à Barcelone, des étrangers exilés (souvent anarchistes) et des délégations de sportifs travaillistes venus participer aux « contre-JO » en opposition à ceux de BERLIN. Quand le putsch éclate, les épreuves sont annulées mais de nombreux sportifs restent à la disposition des organisations pro républicaines. Ils sont regroupés, en partie, dans la Colonne DURRUTI et dans des « Centuries » portant des noms comme « THAELMANN » (Allemands), « Gastone SOZZI » et ROSSELLI » (Italiens), « DOMBROWSKI » (Polonais), « Commune de Paris » (Français, avec leur Commandant Jules DUMONT, revenu d’Ethiopie), etc..

Environ 500 volontaires antifascistes étrangers sont ainsi déjà rassemblés à ALBACETE vers la mi-octobre : cette situation de fait doit être régularisée, d’autant que l’URSS vient de se retirer du « Comité de (pseudo) non-intervention ». André MARTY est désigné par l’Internationale, siégeant à MOSCOU, pour la représenter auprès de la République espagnole et une délégation (1 Italien, 1 Polonais, 1 Français) est reçue pour discuter des conditions d’envoi de volontaires étrangers pour défendre la République.

Le ministre MARTINEZ BARRIO, qui les reçoit, leur pose la question suivante : « Dans quelles conditions voulez-vous participer à notre lutte ? » Leur réponse : « Nous ne posons aucune condition. Nous ne désirons qu’une chose : que les Brigades Internationales soient considérées comme des unités uniquement subordonnées au gouvernement et à ses autorités militaires ; qu’elles soient utilisées comme troupes de choc, en tous lieux où ce sera nécessaire ». C’est dans cet esprit que se constituèrent les Brigades Internationales dont la formation était approuvée le 22 octobre 1936 par le gouvernement républicain espagnol.

Les volontaires internationaux firent une déclaration se terminant ainsi :

« Je suis ici parce que je suis un volontaire, et donnerai, s’il le faut, jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour sauver la liberté de l’Espagne, la Liberté du Monde entier ».

Le 22 octobre, le Gouvernement espagnol donne son accord : six Brigades regrouperont les étrangers, organisées par affinités linguistiques et seront incorporées à l’armée républicaine (175 Brigades) : leur QG sera à Albacete. Elles seront envoyées sur les points les plus « chauds » et, pour commencer, à Madrid où l’ennemi est dans les faubourgs, à la Cité Universitaire. Et Madrid ne tombera que fin mars 1939…

La B.I. des Français sera la « XIV ème » dite « La Marseillaise »avec, à sa tête, des chefs comme Jules DUMONT (fusillé en 43), Boris GUIMPEL, Jean HEMMEN (fusillé en 42), PUTZ (tué en Alsace fin 44), Henri TANGUY, qui ajoutera « ROL » à son nom d’origine…

On ne va pas raconter par le menu les trente mois d’agonie de la République espagnole, avec ses avancées héroïques mais sans lendemain, jusqu’à la dernière grande bataille, la plus sanglante de toutes, la Bataille de l’Ebre (août décembre 1938), la bataille décisive. Mentionnons quand même, le dimanche 26 avril 1937, le bombardement, par les avions allemands de la « Légion Condor », du village basque de GUERNICA (immortalisé par PICASSO) : sur 7.000 habitants, 1654 morts, plus de 800 blessés. C’était jour de marché…

C’est en pleine bataille de l’Ebre justement que les Brigades Internationales sont retirées par le Président NEGRIN qui pense qu’ainsi, peut-être, les troupes allemandes et italiennes de FRANCO quitteront, elles aussi, l’Espagne. Mais, à cette date (septembre 38), les jeux sont faits, l’Angleterre et les USA ont déjà reconnu le régime dit « de Burgos », celui de FRANCO.

Le départ des B.I. est l’occasion d’adieux grandioses et émouvants, en particulier à Barcelone le 28 octobre 1938. (Voir discours de la Pasionaria en annexe)

On estime à environ 35.000 le nombre des Brigadistes (et à 15.000 le nombre de ceux qui ont combattu simultanément) Les Français (y compris AFN) représentent environ 9.000 ; 2.500 sont morts au combat, 3.000 autres mourront entre 1939 et 1945 dans la Résistance ou les camps. Il en reste encore une petite cinquantaine… (Voir les effectifs approximatifs BI en annexe). Même le « petit » Luxembourg fournit 103 volontaires, et il y a aussi des Cubains, des Brésiliens et des Chinois venus de chez Renault à Paris…

Quand les B.I. sont dissoutes, beaucoup de ces hommes ne peuvent pas rentrer dans leur pays (et ceux qui le peuvent sont en butte aux persécutions, comme c’est le cas des Suisses, des Luxembourgeois, des Français aussi, fichés par la police). Beaucoup restent donc en France où bientôt (à partir de Mars et Avril 1939), ils sont rejoints par 500.000 exilés, civils et militaires, fuyant FRANCO et les fusillades des vainqueurs du « Christ-roi » (parmi lesquels 40.000 « Moros » mercenaires marocains, musulmans…). Mais pour tous ceux qui ont fui, la guerre n’est pas finie : le combat antifasciste va changer de cadre mais pas d’objectifs.

Entre fin mars et le 2 septembre 1939 (déclaration de la guerre), il y a une sorte de trêve, de cinq mois. Après, les Français seront mobilisés, jusqu’en juillet 1940.

Pour l’heure, ceux qui ont fui FRANCO sont considérés par la France officielle (où le Front Populaire a éclaté) – celle qui a signé Munich – comme des indésirables, voire des suspects, et traités comme tels : on les parque dans des camps dits « de concentration » – selon la terminologie de l’administration – dans le Midi et le Sud Algérien : Argelès, le Vernet d’Ariège, Gurs, St Cyprien, Djelfa et bien d’autres. Tout est à faire : bâtiments, sanitaires, infirmeries… et tout manque, sauf les barbelés et la troupe, pour empêcher les entrées ou les sorties. On va de lâcheté en lâcheté…

Avec le temps, des réfugiés finiront par trouver du travail dans des métiers à forte pénibilité : les mines, les chantiers forestiers, l’agriculture, le bâtiment… où ils retrouvent souvent des compatriotes installés là depuis 10, 20 ans ou plus.

Mais avec le déclenchement de la guerre contre l’Allemagne puis l’Italie, l’espoir d’une revanche et d’une reconquête renaît : et lorsque le gouvernement français met les réfugiés d’âge mobilisable en demeure de choisir entre retour au pays ou incorporation dans des « C.T.E. »  « Compagnies de Travailleurs Etrangers » (des « Prestataires Militaires Etrangers »), le choix est vite fait. Pour eux, le combat va continuer, en France même ou hors de France, dans les armées alliées ou de la France Libre, ou dans les camps. Parallèlement, en Espagne, des guérillas subsisteront jusqu’au début des années 50.

Sur 270.000 réfugiés Espagnols restés en France, environ 60.000 sont incorporés dans les 250 « C.T.E. », sous statut militaire, et affectés à des travaux du génie : fortifications, routes, etc.… Et de la sorte, et sous uniforme français, ils participent souvent aux combats : sur les 80.000 morts de 39-40, 5.000 sont Espagnols. Les autres, pour moitié d’entre eux, sont faits prisonniers mais, FRANCO les ayant déchus de leur nationalité et PETAIN collaborant, on ne leur applique pas les conventions de Genève sur les prisonniers de guerre : HITLER va pouvoir envoyer en camps –en particulier à MAUTHAUSEN – tous ces « Espagnols rouges » marqués du triangle bleu d’ « apatrides »…

Ceux restés libres passent sous contrôle du Ministère vichyste de la Production et sont souvent affectés dans des « G.T.E. » (Groupement des Travailleurs Etrangers) pour aller construire le Mur de l’Atlantique ou travailler sur des chantiers forestiers. D’une certaine manière, ce cadre de vie, pour rude qu’il soit, offre aussi un cadre d’organisation pour l’action résistante espagnole.

En 1941 et 42 est créée – sous l’égide du PCE – l’ « Union Nationale Espagnole » qui s’ouvre à tous ceux qui veulent se battre. Côté Français, simultanément, se crée le « Front National pour la Libération et l’Indépendance de la France » en mai 1941. On estime à 12.000 environ, le nombre d’Espagnols qui prirent part directement aux combats de la Résistance Française, soit dans les FFL, soit dans les FTP ou FTP-MOI, soit encore dans l’AS « Armée Secrète » ou les « Corps Francs de Libération », soit aussi dans leurs propres structures, en particulier, en Midi-Pyrénées.  Car pour eux, il s’agissait aussi, non pas de faire bande à part, mais d’apparaître comme une force alliée, comme les autres Alliés, et donc fondés, au moment venu de la victoire sur HITLER, d’en appeler aux autres Alliés pour aller renverser FRANCO et rétablir la République à Madrid.

En 1943, après le tournant décisif de STALINGRAD, est recréé, dans l’Ariège (à PRAYOLS) le « XIV ème  Corps de Guérilleros Espagnols» – nom emprunté à la terminologie militaire républicaine (ce Corps regroupait alors ceux qui combattaient derrière les lignes franquistes). Il est structuré en 7 divisions et 31 brigades (1 par département). Exemple : la « 35ème Brigade » (nom de guerre d’Espagne), dirigée jusqu’en 43 par Marcel LANGER, et qui libérera Toulouse en 1944.

En Mai 44, ce « XIV ème Corps de Guérilleros Espagnols », devient « Agrupación (Groupement) de G.E. en France », rattaché directement à l’Etat-major des FFI : on retrouve là, la réaffirmation de l’autonomie mais dans l’unité d’action antifasciste, y compris lorsque, depuis Londres ou Alger, le commandement FFI et le BCRA suscitent la création de gros maquis statiques (et mal armés) promis au massacre comme aux Glières (Février 44), au Mont Mouchet ou dans les Vercors (juin 44). Des maquis conçus comme abcès de fixation plus que comme unités tactiques du champ de bataille…

On peut dire, d’une façon générale, que c’est la Résistance avec ses propres forces (et souvent avec ses propres armes) qui a libéré le Sud-Ouest, Midi-Pyrénées, les Cévennes, le Limousin, la vallée du Rhône et que le rôle des Guérilleros y fut majeur, avec des chefs comme le Général FFI Luis FERNANDEZ, le Colonel Miguel Angel SANZ ou encore le Colonel Cristino GARCIA, qui sera fusillé par FRANCO en 1946 (une rue du XXème porte son nom).

Mais le rôle des Anciens d’Espagne de tous pays, réfugiés en France, fut également capital dès le début de la lutte politique dès 1940 conduisant en 41 à la première lutte armée.

 Pour Charles TILLON, ex Commandant en chef des FTP, les anciens d’Espagne  constituent une grande partie de l’armature de ces premiers groupes armés de la résistance communiste. La région parisienne ne comptait pas cinquante combattants aptes à se servir d’une arme au printemps 1941. (…) Je faisais établir des contacts avec des anciens d’Espagne comme Carré, et Pierre Georges (..) qu’on appelait alors Frédo et qui, à Paris, allait devenir Fabien, pour former nos meilleurs instructeurs.

Pour Henri ROL-TANGUY : « Quand il a fallu mettre sur pied l’Organisation Spéciale, c’était uniquement des unités de protection de camarades qui prenaient la parole. A partir de juillet août 41 on a fondé le triangle Raymond Losserand, Gaston Carré – artilleur des Brigades – et moi. Et à ce moment-là, on a systématiquement cherché tous nos camarades des Brigades,  ça allait de soi.

Jean-Marie FOSSIER, responsable des FTP de la « zone rouge » du Nord occupé privilégie aussi les anciens d’Espagne : Le fait d’avoir été en Espagne, c’était un élément de confiance car pour le recrutement et le développement de la Résistance, ce qui joue toujours c’est faire des pas prudents et aller vers des éléments en qui on peut avoir confiance. Et puis, autre raison du choix : la difficulté d’accomplir telle ou telle mission. Les anciens Brigadistes accepteront plus facilement la vie clandestine parce que, déjà, ils ont accepté la séparation avec leur milieu familial, et leur milieu tout court. Et même s’ils n’avaient pas eu en Espagne de responsabilités particulières, on savait qu’ils avaient acquis une expérience, qu’on pouvait compter sur leur dévouement. (Rémi SKOUTELSKY, L’espoir guidait leurs pas. Page 302-303).

Lutte armée = « guérilla », c’est-à-dire harcèlement continu d’un ennemi supérieur en nombre pour créer chez lui un sentiment permanent d’insécurité. Attentats, sabotages, repli immédiat, dispersion, la technique – selon Charles TILLON – de la « goutte de mercure » insaisissable, fractionnable, reconstituable à l’infini…

La « guérilla » date de la guerre des Espagnols contre l’armée de Napoléon 1er. Elle correspond aussi à l’état très faible de l’armement, surtout au début : explosifs récupérés, armes blanches, quelques armes de poing, des fusils de chasse…

La guérilla urbaine a eu ses théoriciens (et praticiens) : ainsi Joseph EPSTEIN, commandant des FTP d’Ile-de-France jusqu’à sa capture (fin 43) et ancien B.I. de la Compagnie juive « Botwine »puis de celle d’artillerie « Anna Pauker », ainsi Joseph BOCZOV (de l’Affiche Rouge, ancien B.I.) : ainsi Pierre GEORGES/FABIEN, François VITTORI (en Corse), Jean CHAINTRON, Gaston CARRE, Jules DUMONT (Capitaine à Verdun, opposant à la guerre du Rif, ancien de la guerre d’Ethiopie, ancien Commandant de la XIVème B.I), Jean HEMMEN, Pierre REBIERE, Henri (ROL) TANGUY et bien d’autres…

Tous furent des précurseurs, des instructeurs, à la période la plus sombre où la propagande les désignait comme « terroristes » à la vindicte d’une population très déboussolée. Ils furent aussi parmi les premiers fusillés : on connaît un peu – grâce à ARAGON et Léo FERRE – ceux de « l’Affiche Rouge » de février 44 (5 des « 23 » venaient des B.I.), mais moins ceux d’avant, ceux des tout débuts, ceux des FTP avant que soient créés les FTP.

Les premiers à agir (et à tomber) furent ceux de l’OS « Organisation Spéciale » de l’OS-MOI et des JC des « Bataillons de la Jeunesse ». Après l’attentat de FABIEN en août 41 à Paris, (au métro Barbès), d’autres attentats ont lieu en octobre, à Nantes et Bordeaux, qui coûtent la vie à des officiers supérieurs nazis mais sont aussi suivis d’exécutions massives d’otages (lesquels sont désignés par PUCHEU, ministre de PETAIN). En 1942, la police française et ses « Brigades Spéciales » remettent aux nazis des « terroristes » qu’elle avait arrêtés en 41, ce qui donne lieu à 3 pseudo procès (deux publics, le troisième à huis clos) en Cour Martiale allemande, dans les locaux du Palais Bourbon, puis ceux de la Maison de la Chimie puis à l’Hôtel Continental (rue de Castiglione) : 7 + 27 + 33 accusés + 1 mort sous la torture (Conrado MIRET MUSTE, Catalan exilé, dirigeant de l’OS-MOI). Sur les 68, onze anciens d’Espagne… et 48 fusillés.

On ne peut citer tous ceux qui, tout naturellement, ont continué en France le combat commencé en Espagne.

Et ce fut comme un véritable symbole que de voir, le 25 août 44 à Paris, de véritables retrouvailles de frères d’armes :

– ceux de la 2ème DB de LECLERC (9ème Compagnie), sous uniforme Américain, qui pénètrent dans Paris avec des véhicules aux noms espagnols (« Madrid », « Teruel », « Guadalajara », « Brunete », etc..), avec des équipages espagnols.

– ceux qui encadrent l’insurrection victorieuse des Parisiens : Henri ROL-TANGUY, FABIEN, PIMPAUD (« DAX »), PUTZ, tous ex B.I. (les trois derniers, morts fin 44 en Alsace en sautant sur des mines dans des conditions mal éclaircies…).

C’est bien là l’image de l’unité et de la diversité de la Résistance mais aussi du rôle immense qu’y tinrent les antifranquistes… La paix revenue, après le 8 mai 45, en Europe, et après l’échec d’une reconquête républicaine à partir du val d’Aran, ce fut la guerre froide, partout :

– en France, le colonel FFI GARCIA ACEVEDO, décoré de la Légion d’Honneur, est interdit de séjour à Paris en 1950. D’autres Espagnols ex-Résistants en France ou ailleurs en Europe, sont pourchassés, condamnés, exécutés parfois par les régimes staliniens, sous l’accusation majeure de « cosmopolitisme », (donc d’espionnage) : c’est le cas d’Arthur  (Gérard) LONDON, initiateur du « T.A. » (Travail Allemand) en France. C’est le cas de SLANSKY, RAJK, de bien d’autres encore.

-en France, en interne, le PCF sanctionna CHAINTRON (Libérateur de LIMOGES avec GUINGOUIN), TILLON (Commandant en chef des FTP), VITTORI (Libérateur de la Corse), MARTY, entre autres, pour divers motifs.

-aux USA, le maccarthysme s’acharna sur les anciens de la « Brigade Lincoln » comme il s’acharna contre le couple ROSENBERG, assassiné en 1952 – pour « espionnage » là encore.

En conclusion, on peut dire, de nos jours :

-que la « non-intervention » en Espagne a frappé à mort, en France, le Front Populaire, entraîné la trahison de Munich et la défaite éclair de Mi-juin 40 avec capitulation, occupation, collaboration et chasse à tous les opposants, en particulier dans la classe ouvrière ou parmi les réfugiés venant d’Espagne.

-que les premiers levés contre le fascisme, en Espagne, ont été les précurseurs, les instructeurs, les frères de combat de l’anti-fascisme en France occupée (et sur les fronts extérieurs)

-enfin, que la minoration du rôle de la Résistance populaire comme l’extrême discrétion officielle sur la guerre d’Espagne (présentée dans le meilleur des cas comme une guerre civile de plus), que cette minoration participe de la désinformation qui a, très probablement, des motivations très actuelles…

C’est donc l’intérêt de semblables rencontres ou d’expositions, rassemblements, colloques, etc… que de faire reculer l’oubli et de montrer que les enjeux d’il y a trois-quarts de siècle n’ont rien perdu ni de leur actualité, ni surtout de leur pertinence. La guerre d’Espagne, la Résistance, c’est en 2006 comme en 1936, comme en 1940-45, « l’antifascisme sans frontières »

Rafael ALBERTI, poète d’Espagne, l’a exprimé bien mieux en s’adressant

      

AUX BRIGADES INTERNATIONALES

Vous venez de très loin… Pourtant, cette distance

Qu’est-elle pour votre sang, qui chante sans frontières ?

Nécessaire, la mort chaque jour vous appelle,

Peu importe la ville ou le champ ou la route.

De ce pays, de l’autre, du grand, du petit,

De celui dont on voit à peine le ton pâle sur la carte,

Avec les racines communes d’un rêve commun,

Anonymes — rien d’autre — en parlant vous êtes venus.

Vous ne connaissez même pas la couleur de ces murs

Que votre parole donnée, infranchissable, fortifie.

Ce sol qui vous enterre, vous le défendez, fermes,

À coups de feu avec la mort en tenue de bataille.

Restez : ainsi l’exigent les arbres, les plaines,

Les minuscules feux de cette clarté qui ravive

Un unanime sentiment qui agite la mer : Frères !

Madrid à votre nom grandit et s’illumine.

 

Un seul nom changé – MADRID, pour PARIS – et cette ode aux Brigades Internationales se transmute en hommage à la Résistance antifasciste en France.

Pour la défense de la liberté, il n’y a plus de Pyrénées.

Dans l’action armée on retrouve parfois les mêmes noms et bien d’autres encore.

REBIERE, le colonel DUMONT, ROL-TANGUY, APPERE, BRETON, JACQUOT, FONTGARNAND, BESSIERES, MARY, HERAS, CARRE, HEMMEN, SCHMIDT, VALLET, CHAMPION, PINÇON,  tous anciens des Brigades Internationales, sont parmi les premiers organisateurs de groupes armés de la Résistance.

Le 21 août 1941, FABIEN, revenu à Paris, abat un officier  allemand, à la station Barbès Rochechouart, puis avec le groupe qu’il a formé, multiplie les attaques contre les permanences et les détachements nazis ; en 1942, il va continuer en les amplifiant ses actions dans le Doubs.

FABIEN se distinguera à nouveau au cours des combats de la libération de Paris, particulièrement dans l’attaque du Palais de Luxembourg.

Sous les pseudonymes de « Mallet » et de « Regnier », REBIERE organise les groupes de francs-tireurs et partisans français (les « FTPF ») dans la Bourgogne et dans le Nord. Le 20 octobre 1941, à Bordeaux, il abat un officier fasciste. Il se révèle un chef capable et courageux, montrant l’exemple ; il est nommé membre du comité militaire national avec le grade de lieutenant-colonel.

ROL-TANGUY, après avoir assumé de 1941 à 1943 divers commandements de F.T.P.F. est nommé, en juin 1944, chef régional des F.F.I. de l’Ile-de-France. Il recevra, le 24 août 1944, la reddition du général Von CHOLTITZ et des forces allemandes du Grand Paris.

EPSTEIN Joseph, colonel « Gilles », commandant de francs-tireurs dans la région parisienne en juillet 1943, avec un groupe de vingt résistants attaque à la grenade, en plein Paris, au métro « George V », un détachement de S.S.

Et Jean BAILLET et SAUVARD et CARRE et GODEFROY évadés de prison qui devient colonel dans les F.T.P. du Limousin avant de conduire un régiment de volontaires maquisards sur le Rhin en Allemagne.

André TOURNE fut le colonel PETIT, grièvement blessé et mutilé dans la Résistance à Lyon.

JACQUOT dirige les combats en zone sud avec GUIMPEL ; BLESY est lieutenant-colonel F.T.P. dans les combats en zone sud avec GUIMPEL ; BLESY est lieutenant-colonel F.T.P. dans la région de Marseille, BAULIEU et le lieutenant-colonel F.T.P. DELCAMP sont à Toulouse, CLOUET est à Lyon, LEMAITRE  est dans l’Est. Au secteur sud de Paris il y a COTILLE. Avec le docteur ROUQUES, le docteur CHRETIEN surnommé « Jacques » et son adjoint Fanny BRE organisent le service sanitaire planquant et soignant les blessés. PIMPAUD, ancien commissaire de bataillon qui devait trouver la mort sur le front du Rhin avec FABIEN, Jean HEMMEN l’ex-commissaire de la 14ème brigade internationale et HAUDECOEUR qui furent fusillés par les hitlériens, ainsi que LAFOND tué au combat sur le sol de France, tous trois membres du Comité Central de la Jeunesse communiste furent des chefs de francs-tireurs. CARRE Gaston, ancien commandant de l’artillerie du Jarama et à Brunete, fusillé en 1942, était commandant de F.T.P. dans la région parisienne.

Tous ceux-là et bien d’autres patriotes français, vaillants combattants de la Résistance, sont d’anciens volontaires d’Espagne.

Comme en Espagne ils se sont trouvés dans l’action antifasciste avec des Espagnols, des Tchèques, des Polonais, des Italiens…

FERNANDEZ Emilio, lieutenant de la 41ème division en Espagne, fut de l’opération de la Gare de l’Est en 1942 ; MONTERO Luis, dit « Angel », capitaine dans l’armée républicaine espagnole, fut l’adjoint du commandant français OLLIVIER à la tête du bataillon « Liberté ». ALFONSO était dans les premiers groupes avec DUMONT, MORENO Cyril et GARCIA Manuel furent dans la 18ème région militaire. Les Espagnols formaient autour de Nîmes la 127ème demi-brigade commandée par Cristino GARCIA qui devint colonel F.F.I. Après la guerre, rentré en Espagne, il fut fusillé par les policiers de FRANCO. Avant de mourir il écrivit ces mots : « Nous avons établi des liens que la mort même ne pourra rompre ».

Mentionnons entre tant de héros espagnols García ACEVEDO qui fut colonel dans la Résistance et qui, décoré de la Légion d’honneur, fut cependant, vers l’année 1950, interdit de séjourner à Paris, assigné à résider en Bretagne, en raison de ses opinions communistes.

Souvent de 1940-45 nous parvenaient des nouvelles comme la suivante : « Dans les Alpes-Maritimes, douze partisans italiens antifascistes et trois Français résistants ont été tués dans le même combat. » De nombreux partisans étrangers, comme le polonais PAWLOSKI, l’Italien FERRARI, les Juifs du détachement « Carmagnole » à Lyon, sont des anciens des brigades.

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