UNE CHANSON DE JEAN FERRAT.

Publié: 18 février 2007 dans Vidéo

A FEDERICO GARCIA LORCA  

Les guitares jouent des sérénades 
Que j’entends sonner comme un tocsin 
Mais jamais je n’atteindrai Grenade 
Bien que j’en sache le chemin

Dans ta voix 
Galopaient des cavaliers 
Et les gitans étonnés 
Levaient leurs yeux de bronze et d’or 
Si ta voix se brisa 
Voilà plus de vingt ans qu’elle résonne encore 
Federico García 

Voilà plus de vingt ans, camarades 
Que la nuit règne sur Grenade 

Il n’y a plus de prince dans la ville 
Pour rêver tout haut 
Depuis le jour où la guardia civil 
T’a mis au cachot 

Et ton sang tiède en quête de l’aurore 
S’apprête déjà 
J’entends monter par de longs corridors 
Le bruit de leurs pas 

Et voici la porte grande ouverte 
On t’entraîne par les rues désertées 
Ah! Laissez-moi le temps de connaître 
Ce que ma mère m’a donné 

Mais déjà 
Face au mur blanc de la nuit 
Tes yeux voient dans un éclair 
Les champs d’oliviers endormis 
Et ne se ferment pas 
Devant l’âcre lueur éclatant des fusils 
Federico García 

Les lauriers ont pâli, camarades 
Le jour se lève sur Grenade 

Dure est la pierre et froide la campagne 
Garde les yeux clos 
De noirs taureaux font mugir la montagne 
Garde les yeux clos 

Et vous Gitans, serrez bien vos compagnes 
Au creux des lits chauds 
Ton sang inonde la terre d’Espagne 
O Federico 

Les guitares jouent des sérénades 
Dont les voix se brisent au matin 
Non, jamais je n’atteindrai Grenade 
"Bien que j’en sache le chemin"

  JEAN FERRAT

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