LES CHEMINS DE LA MEMOIRE A ARGELES SUR MER

Publié: 8 mars 2007 dans Actualité

 
Par Pierre AYLAGAS Maire d’Argeles sur Mer
 

Photos Pierre FUENTES
 

Comme je vous le disais, je suis allé faire « los Caminos de la retirada » organisés par FFREEE le samedi 23 février.
Quelle émotion, nous étions plus de 500 à marcher sous les drapeaux de la République Espagnole.
A côté de moi, beaucoup d’amis, mais aussi des personnes venues de tous les coins de France, d’Espagne et de Catalogne, unies pour rendre hommage aux 500 000 Républicains Espagnols qui un jour de février 1939 se sont réfugiés en France pour échapper à la mort franquiste.
J’étais accompagné des élus de la majorité de mon Conseil Municipal et de beaucoup d’élus de gauche du département, d’amis Maires des villes voisines. Le cortège s’arrêta d’abord au cimetière des Espagnols pour nous recueillir en souvenir des Espagnols, Juifs, Tsiganes, anti-fascistes Italiens et Allemands, membres des Brigades Internationales morts dans le camp pour avoir défendu les valeurs de liberté, de démocratie et de solidarité.
Puis la marche nous mena sur la plage d’Argelès à l’emplacement du camp de concentration où nous avions rendez-vous avec les personnes qui arrivaient par la mer à bord des barques catalanes et des vedettes de la SNSM.

En voyant ce millier d’amis sur la plage, je me rappelais ce que me racontait mon père sur son internement dans le camp en 1939 « nous étions des milliers à errer sur le sable, il pleuvait, nous étions gelés de froid et nous avions faim ».

Puis nous nous sommes regroupés autour du monolithe où j’ai déposé une gerbe composée de fleurs violettes, jaunes et rouges comme le drapeau républicain.
Au cours de cette journée j’ai rencontré des personnes fantastiques. Un vieux monsieur de 99 ans, qui a fait la guerre d’Espagne, connu la retirada, les camps, les combats dans la résistance pour défendre la France contre les nazis. J’ai aussi vu Madame NEUS, 91 ans, une vraie combattante de la Liberté qui par chance sortira des camps d’extermination nazis.

En voyant ces hommes et ces femmes âgés aujourd’hui de plus de 80 ans, qui ont fait la guerre d’Espagne, puis internés dans les camps Français,  pris les armes contres les allemands en France et souvent envoyés dans les camps nazis en Allemagne, je me dis que nous leur devons une reconnaissance éternelle pour ce qu’ils ont fait.
Comment les jeunes générations, vivant aujourd’hui dans une Europe en Paix peuvent-elles s’imaginer que le 20ème siècle a été un des plus violents et meurtriers de notre histoire ?
Nous devons faire attention aux dérapages et veiller à maintenir cette Paix qui n’est pas éternelle. Rappelez vous en 1995 en Yougoslavie, à côté de chez nous, nous avons entendu reparler de solution finale, camps de concentration et d’extermination, criminels de guerre…
 
Pierre AYLAGAS
 

 

Publicités
commentaires
  1. Ana dit :

    Mi abuelo estuvo en el campo de Argelés durante unos meses, después tuvo la osadía de retomar el mismo camino y volver a España. Él tenía entonces sólo 16 años. A su regreso a España se encontró con la cárcel, la represión y la miseria. Alguna vez le he propuesto regresar a Argelés y ver esa playa en la actualidad, pero él no quiere ni pensar en eso. Sólo de rememorar los meses pasados allí se pone a llorar.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s