ETRANGERS ET RESISTANCE EN FRANCE.

Publié: 22 juin 2007 dans Histoire
Le rôle des étrangers dans la résistance
(Les oubliés de l’histoire)
 
D’aprés les études du site "Memoire.net"

Guérilléros Espagnols dans l’Hérault (mon père est accroupi 2ème en partant de la droite)

 

Pourquoi  combattre en France ?
La résistance en France n’a parfois été qu’un concours de circonstance.is de leur pays ou venus de leur propre gré, les étrangers participent aux mouvements de résistance.
Le drame espagnol est pour les étrangers aussi une leçon de chose. Le fascisme pour eux c’était du vécu… Des milliers d’Espagnols croupissent dans les camps d’internement pour les punir de leur antifascisme 
Les étrangers vivent les espoirs et les drames de ceux qui les ont accueillis.  Ils s’insurgent comme eux.  Ils se battront avec eux.
Les accélérations de l’Histoire favorisent de nouveaux liens.  Elles associent les vies les plus diverses.  Les unes ont entendu prononcer Hitler en Allemand, d’autres Mussolini en Italien ou Franco en Espagnol.  Le fascisme s’identifie à Pilsudski en Polonais ou à Horthy en Hongrois.
Plus de 100 000 étrangers se portent volontaires dès 1939 pour défendre les frontières françaises, car il est temps de mettre un terme aux ambitions d’Hitler et de Mussolini.  Ils vivront douloureusement la capitulation…
Certains décideront de ne pas abdiquer.  Les feuilles ronéotypées, à l’encre mal séchée, à peine lisible… Chacun fait ce qu’il peut, où il peut le faire… Qu’importe leurs noms et leurs origines… »
 
 
Pour certains la libération de la France n’est que le premier pas vers la libération de leur propre pays.  C’est le cas par exemple de certains espagnols.  La résistance en France est la poursuite de la guerre commencée en 1936 contre Franco.  Ils créent alors des organisations spécifiques qui ont un but plus lointain : la reconquête de la démocratie et de leur pays.

 
Pour d’autres, la lutte aux côtés de la France, c’est le ralliement à la patrie d’adoption, la pleine adhésion à la résistance pour les mêmes motifs que les Français.  Ils luttaient pour la patrie, celle qu’ils avaient choisie.  Au président de la Cour Martiale qui lui demandait pourquoi, étant Italien, il combattait dans la résistance en France, Spartaco Fontano a simplement répondu « pour un ouvrier, la Patrie, c’est le pays dans lequel il a trouvé du travail ». Ils ne sont pas vraiment des étrangers qui s’engagent dans la Résistance, mais des résistants à part entière qui s’engagent pour la libération du territoire adopté.  Comme les Français, ils luttent dans les réseaux, dans les maquis ou dans les formations extérieures.
 
Ainsi, pour les immigrés économiques, résister c’est s’intégrer à la patrie, alors que les réfugiés politiques ont un projet plus lointain qui concerne leur propre pays, encore plus évident lorsque l’on considère les militaires en transit sur notre sol.
 
 
QUELQUES EXEMPLES
 
 
               Les F.T.P.  M.O.I. et la guérilla urbaine
 
 

Si l’on rencontre des étrangers dans toutes les formes de résistance – réseaux, maquis… -, il y a une formation spécifiquement composée d’étrangers : les  F.T.P.- M.O.I, c’est à dire les Francs Tireurs et Partisan de la Main d’Oeuvre Immigrée.
Encadrés par le Parti communiste ( Les MOI étaient un groupe du parti né dans les années 30), ils sont le plus souvent communistes. On y trouve des Hongrois, Italiens, Espagnols, Polonais, Russes "déserteurs plus ou moins tardifs des bataillons de l’est", nombreux sont aussi les fils d’immigrés ou même des jeunes Français.
 
En région Toulousaine la 35eme Brigade
 
A Toulouse, la présence de nombreux étrangers, en particulier des réfugiés espagnols accélère la prise de conscience et le passage à l’action.
Les militants d’avant guerre se mobilisent pour organiser l’accueil des réfugiés et exilés. Des filières d’évasion sont très tôt mises en place afin de protéger les hommes et les femmes menacés, une solidarité commune réunit les victimes des fascismes.
Les F.T.P.-M.O.I. de la région toulousaine multiplient les actes de guérilla urbaine : destruction d’axes de communication comme les lignes S.N.C.F. ou le Canal du Midi, sabotage de pylônes électriques, attentats individuels contre des soldats allemands dans les cinémas et les restaurants. Mais, il y a aussi des destructions de récoltes et des incendies de greniers dans les campagnes environnantes pour faire échec aux réquisitions de l’occupant.
Les souvenirs des témoins de cette brigade toulousaine montrent ce combat incessant d’une poignée de résistants contre l’occupant. Certains étaient français, mais la plupart étaient espagnols, italiens, polonais…

Libération d’Auch par des guérilléros Espagnols

 
En région Lyonnaise le Bataillon Carmagnole – Liberté
 
LLe bataillon «Carmagnole-Liberté » est un exemple local de la Résistance FTP – MOI. En mars-avril 1942, Joseph Kutin, ancien officier des brigades internationales en Espagne est chargé par la direction M.O.I. de créer un groupe dans la région lyonnaise : à Lyon ce sera        « Carmagnole » et à Grenoble « Liberté »
 
 
Des étrangers présents dans de nombreux maquis
 
 
Il y a eu des Allemands présents dans les maquis français, en particulier dans ceux des Cévennes. Leur intégration à la lutte clandestine n’a pas été toujours aisée mais leur volonté de combattre le nazisme et le fascisme a souvent forcé l’admiration de leurs camarades.
 

Dans le Sud-Ouest, ce sont les Espagnols évadés des camps d’internement qui se sont illustrés dans les maquis de l’Ariège. Mais ils sont présents aussi dans les Glières ou au Vercors. Les guérilleros espagnols ont de nombreuses actions de sabotage à leur actif. Ils ont participé à la plupart des combats pour la libération du Sud-Ouest.
Le Colonel Ravanel, libérateur de Toulouse leur a rendu hommage ainsi :
 
« Ils furent parmi les plus valeureux des résistants ; ils surent se dévouer avec héroïsme et courage et on leur doit certains des plus grands succès lors des combats de la libération des départements du Sud-Ouest… Nos camarades avaient acquis pendant la guerre d’Espagne des connaissances que nous ne possédions pas : ils savaient fabriquer des bombes à l’aide d’explosifs de fortune, ils savaient tendre des embuscades et ils connaissaient à fond les techniques de la guérilla. J’ajoute qu’ils nous avaient conquis par leur courage, leur fraternité, leur abnégation. Ils étaient devenus des frères de combat.»

 

La Légion Etrangère

 
En 1939, de nombreux civils et l’armée républicaine espagnole passent la frontière française pour fuir la terreur franquiste. Ils sont internés par la France dans des camps du sud-ouest, dans des conditions souvent effroyables. Certains parviennent à gagner le Mexique. Mais beaucoup s’engagent dans les rangs de la Légion étrangère pour combattre dès 1940 dans le Nord de La France puis aux côtés des alliés.

Libération de Paris "La Nuévé"

"C’est Franco ou la Légion". Les fuyards étaient mis devant l’alternative suivante retourner en Espagne ou s’engager dans la Légion française «volontairement» Plusieurs furent affectés aux services des fortifications de la Ligne Maginot. Que sont devenus les 15 ou 20 000 Espagnols tombés aux mains des Allemands en Mai 1940 ? Le camp de Mauthausen où périrent plus de 7 000 d’entre eux ! «L’appel du Général de Gaulle » en juin 1940 fui entendu par nombre de réfugiés comme la seule issue honorable. »

 Libération du camps de Mautrausen
 
Dès 1939, 8 465 étrangers s’engagent dans les rangs de la légion étrangère: 3000 Espagnols, 1771 Allemands, 800 Tchèques, 779 Belges, 639 Italiens, 615 Polonais. Quand ils étaient pris par les Allemands, le statut de prisonnier de guerre leur était refusé. Pour eux, c’étaient alors les camps de concentration. 
 

 

 

 

 

 

 

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