VICTIMES DU FRANQUISME

Publié: 2 novembre 2007 dans Actualité
 
40 ans de dictature

 UN PEU DE CHRONOLOGIE 

18 juillet 1936:
le chef d’état major des armées Francisco Franco prend la tête d’un soulèvement militaire contre le régime républicain. Il déclenche du Maroc la guerre civile espagnole
Juillet 1936-mars 1939:
guerre civile espagnole, marquée par les victoires successives de Franco, nommé généralissime de l’armée rebelle. En 1937, il prend le titre de "Caudillo" (leader, chef).
26 avril 1937:
une centaine d’avions de la légion Condor, matériel de guerre de l’Allemagne nazie, procède au bombardement de la ville basque de Guernica
Janvier 1939:
prise de Barcelone
Mars 1939:
Madrid tombe
1er avril 1939:
fin de la guerre d’Espagne, suite à la bataille de l’Ebre. Franco est officiellement nommé "chef d’Etat".
1947:
Franco rétablit la monarchie dont il s’institue régent à vie
20 décembre 1973:
assassinat du numéro deux du régime, l’amiral Luis Carrero Blanco, par les indépendantistes basques de l’ETA
20 novembre 1975:
mort de Franco
22 novembre 1975:
Juan Carlos accède au pouvoir, il est le successeur désigné depuis 1969
27 décembre 1978: 
ratification de l’actuelle constitution espagnole, qui met fin à la dictature franquiste
 
 
 
 
Lu dans « OUEST France » édition du samedi 27 octobre 2007

L’Espagne rouvre les plaies de sa guerre civile

Honorer les victimes du franquisme.

MADRID (de notre correspondant). – Deux mémoires de l’Espagne vont s’affronter cette semaine. Celle de l’Église catholique, dimanche, qui va béatifier au Vatican 498 « martyrs » exécutés par les forces républicaines sous la IIe République (1931-1936) et pendant la guerre civile (1936-1939). Et celle que va défendre la majorité des députés espagnols au Parlement, dans un débat, prévu mardi, en faveur d’une loi honorant les victimes du franquisme.

Le président du gouvernement, le socialiste José-Luis Zapatero – dont le grand-père républicain fut fusillé durant la guerre civile – se fait le champion de cette loi dite de « mémoire historique » qui devrait établir quatre priorités : elle va déclarer illégitimes les tribunaux militaires de l’époque ; elle va créer un fonds permettant de financer les recherches et l’identification des corps de milliers de victimes sommairement exécutées par l’un et l’autre camp et enterrées dans des fosses communes ; elle interdira l’exhibition publique de symboles franquistes, que l’on trouve encore aujourd’hui sur les murs d’édifices publics et dans des églises ; elle reconvertira, enfin, la basilique de « la Vallée des morts », près de Madrid, érigée par des prisonniers républicains et dans laquelle Franco est enterré, en un monument dédié à toutes les victimes de la guerre.

La hiérarchie catholique s’oppose au projet de loi qui sera débattu – et sans doute adopté – cette semaine. Ce texte, selon elle, risque « d’ouvrir des blessures à peine cicatrisées ».

La cérémonie du Vatican, dimanche, ne va pas, elle non plus, oeuvrer en faveur de la réconciliation. Les « martyrs » béatifiés sont tous des religieux catholiques victimes du camp républicain. Ils ont été assassinés, selon l’Église, par « haine de la foi ». Déjà 471 autres « martyrs » espagnols, également victimes du camp républicain, avaient été béatifiés par le pape Jean-Paul II.

Les législatives en toile de fond

L’épiscopat espagnol souligne que la béatification est un long processus et que la proximité des dates du débat parlementaire et de la cérémonie vaticane est une pure coïncidence. Certains en doutent, car la hiérarchie catholique est en guerre ouverte contre Zapataro – notamment sur l’éducation et le mariage homosexuel – et la cérémonie a lieu alors que l’Espagne songe déjà aux élections générales, prévues en mars.

L’Église, dont les prélats bénissaient les bataillons franquistes contre « la vermine rouge », n’a jamais fait acte de repentance. Plusieurs associations catholiques espagnoles expriment leur regret que l’Église n’honore que les victimes d’un seul camp et remarquent que les curés basques assassinés par les franquistes pour leurs sympathies républicaines sont laissés dans l’oubli.

Michel FAURE.

Franco faisant le salut fasciste avec Hitler

Lu dans Ouest France du1er novembre 2007

LES VICTIMES DU FRANQUISME REHABILITEES

Les députés Espagnols réunis en séance pleinièreont approuvé, mercredi aprés-midi, une loi historique sur les victimes de la guerre civile et du régime de Franco (1936 – 1975). Cette loi élaborée par les socialistes, a reçule soutien de tout les autres groupes parlementaires à l’exception du Parti Populaire (opposition de droite) et des nationalistes catalans de gauche. Le point crucial de la loi concerne la déclaration "d’illégitimité" des procés franquistes qui ont abouti à l’exécution de 50000 Républicains aprés la Guerre civile et à l’incarcération de dizaine de milliers d’autres, sans pour autant les annuler. Aprés cette approbation, ce texte ira au sénat et reviendra éventuellement pour une ultime approbation par le parlement d’ici la fin de l’année.

 

Franquisme : béatification de masse au Vatican

France Info – 28 octobre 2007 – 15:00

L’Eglise catholique a béatifié ce dimanche matin en grande pompe 498 "martyrs" des "persécutions religieuses" de la guerre civile espagnole au moment même où, en Espagne, les victimes du franquisme vont officiellement sortir de l’oubli.

C’était la plus grande messe de béatification de l’histoire de l’église catholique. La quasi-totalité des évêques espagnols et plusieurs dizaines de milliers de fidèles avaient fait le voyage pour participer à la messe. Le cardinal portugais José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation de la cause des Saints, a déclaré la béatification des 498 religieux après avoir lu la liste des nouveaux bienheureux depuis la basilique Saint-Pierre.

Le pape Benoît XVI est apparu à la fenêtre de ses appartements à l’issue de la messe pour saluer les pèlerins. La béatification d’un si grand nombre de croyants montre que le martyr "est une possibilité réaliste pour tout le peuple catholique. Ce martyr de la vie quotidienne est un signe important dans les sociétés sécularisées de notre temps", a déclaré le souverain pontife.

Mais la cérémonie en a fait tousser plus d’un en Espagne. Elle survient deux jours avant le vote par le parlement espagnol d’une loi de réhabilitation des victimes du franquisme, voulue par le gouvernement du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero. L’Eglise espagnole a cependant démenti tout rapport entre les deux évènements.

Selon les historiens, plusieurs milliers de religieux et religieuses ont été tués par les sympathisants républicains avant et pendant la guerre civile (1936-1939). Le conflit a fait plus de 500.000 morts dans les deux camps. Après la défaite des Républicains, 50.000 d’entre eux ont été exécutés par les forces nationalistes et des dizaines de milliers d’autres ont été incarcérés.

Récit de Jean-Baptiste Venditti

Pie XII qui a collaboré avec Franco 

Loi sur les victimes du franquisme: les principales dispositions

Voici les principales dispositions de la loi phare du gouvernement socialiste espagnol visant à réhabiliter les victimes oubliées de la Guerre civile espagnole et de la dictature franquiste (1936-75) et soumise mercredi au vote des députés:

LES PROCES SOMMAIRES DU FRANQUISME
– La loi reconnaît le "caractère radicalement injuste de toutes les condamnations, sanctions et violences personnelles (…) durant la Guerre civile et (…) la Dictature".
Les tribunaux franquistes et leurs condamnations sont déclarés "illégitimes" D’après le préambule, la justice ne devrait plus pouvoir invoquer les lois "répressives et contraires aux droits de l’homme" de la dictature pour rejeter les demandes de révision des procès comme cela était le cas jusqu’à présent.
Cependant l’interprétation juridique de cette déclaration "d’illégitimité" sera laissée au Tribunal suprême.

LES AIDES
– Les aides (pensions, compensations financières) aux victimes du franquisme et à leurs familles sont étendues. Pourront désormais en bénéficier à hauteur de 135.000 euros, les familles des opposants "tués en défense de la démocratie entre le 1er janvier 1968 et le 6 octobre 1977", désormais considérés comme des victimes.


LES FOSSES COMMUNES

– L’Etat devra aider à la localisation, identification et éventuelle exhumation des milliers de victimes républicaines de la Guerre civile et de la dictature, souvent enterrées dans des fosses communes.
Le plus célèbre des fusillés, le poète Federico Garcia Lorca ne sera sans doute pas exhumé. La loi stipule en effet que soit tenu compte du souhait des descendants. Or la famille du poète s’oppose à la fouille de la fosse où Lorca a été jeté avec trois autres Républicains en août 36 près de Grenade.

Le régime franquiste a exécuté près de 50.000 Républicains,

jetés dans des fosses communes (photo France 3)

LES SYMBOLES FRANQUISTES
– Les "écussons, insignes, plaques et autres objets ou mentions commémoratives d’exaltation personnelle ou collective du soulèvement militaire, de la Guerre civile et de la répression (exercée) par la dictature" devront disparaître des édifices et espaces publics.
Pour les édifices privés, en particulier les églises qui portent encore écussons et plaques franquistes, les subventions publiques pourront être retirées si ces insignes ne sont pas enlevés.
Le mémorial franquiste de la basilique du "Valle de los Caidos" où Franco est enterré, ne pourra plus être le lieu de cérémonie de nostalgiques et sera "régi strictement" comme un lieu de culte.

LES PETITS ENFANTS D’EXILES
– Les petits enfants des Républicains exilés sous la dictature pourront obtenir la nationalité espagnole, s’ils en font la demande entre 2009 et 2011.

UN CENTRE DE DOCUMENTATION NATIONAL
– La loi institue enfin un "Centre de documentation" national sur la Guerre civile et la dictature, à Salamanque (centre-ouest)

UN COIN COIN DU CANARD….

Le Canard Enchaîné du 31 octobre 2007

 

Advertisements
commentaires
  1. goulier dit :

    bonjour

    je suis petite fille d’un républicain fusillé
    j’aimerais savoir à qui m’adresser pour savoir où es enterré mon grand-père
    mon père est resté orphelin trés jeune et a été dirigé vers un orphelinat catholique
    il n’a jamais ce que sont devenus les biens de ses parents
    merci pour votre réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s