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  De : olivier

Objet :
Bataillon del rio

Bonjour Oscar,

je reviens vers vous toujours au sujet de ce bataillon del rio dont votre père à fait partie.

Comme je vous le disais , j’écris le témoignage d’un ancien résistant Espagnol en Ariège, membre de la CNT Espagnole qui à participé aux réunions de création de ce maquis organisé par Eduardo Viscaya ("Del rio"), Fullola (secrétaire de l’union locale de Saint Girons) et quelques autres.  les volontaires étaient nombreux.

José Alpuente, ce résistant, a été arrêté en sortant d’une de ces réunions à St Girons. Déporté à Cherbourg il s’est échappé, est revenu en Ariege malade, à du se cacher et se soigner et est entré dans un autre maquis Ariégeois rejoins par d’autres confédéraux par la suite.il n’a pu rejoindre le maquis confédéral (Del rio) à ce moment là.

La présence de tous ces anarcho-syndicalistes dans la résistance est méconnue, même ici , en Ariège.

Au fil de mes recherches dans les archives , (Ariege, Toulouse ,..), l’université  et des ouvrages déjà paru en français ou espagnol j’ai pu retrouver des documents confirmants les propos de José Alpuente.

Il me manque encore des information sur ce Bataillon Del rio.  J’ai fait connaissance, récemment, d’une ancienne membre du maquis Bidon 5 qui vit toujours , aujourd’hui à Saint Gaudens.  Son mari , lui aussi membres de ce maquis, à bien connu "Del Rio" et en gardait un bon souvenir. Malheureusement , ils sont décédés tous les deux.

Il doit bien rester des traces quelques part…

Je sais que des membres du bataillon Del Rio avec d’autres anarchistes du maquis Liberté ont formé un bataillon très important qui s’est engagé dans l’armée française et a combattu à la Pointe de Grave (Gironde) pour écraser les dernières poches de résistance nazies en avril 1945.

Voilà, je souhaite donc écrire le témoignage de José Alpuente et en profiter pour parler de ce "bataillon del rio" pour lequel il s’était porté volontaire.  Je continue mes recherches. 

Si vous aviez quelques informations sur cela, elles pourraient m’aider.

En vous remerciant par avance,

recevez mes salutations.

Olivier

 

  

 

RESUME CHRONOLOGIQUE 

EXTRAIT DE: 39 – 45 STRATEGIE.COM

http://www.39-45strategie.com/Chronologie-1933-1945.2385.0.html

 

 INTRODUCTION

DE PIE IX A PIE XII UNE COUVERTURE DES CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ.

En 1832, dans son encyclique Mirari vos, le pape Grégoire XVI condamne: l’exercice de la liberté de conscience. Il condamne spécifiquement la liberté de la presse, la liberté d’association, la liberté d’enseignement, la souveraineté du peuple et le suffrage universel.

 

Pie IX

En 1846, Pie IX est élu pape pour le plus long règne de l’histoire de la Papauté : 32 ans. Son principal défaut est de ne pas saisir les bouleversements sociaux et politiques de l’époque. Très intransigeant et imbu de ses prérogatives, il affirme que "le pape est infaillible en matière de dogme et qu’aucune restriction ne peut être apportée à sa toute puissance dans le gouvernement de l’Église". Pie IX proclame le dogme de l’Immaculée Conception, en 1854.

Dans son encyclique du 8 décembre 1864, Quanta Cura, Pie IX réaffirme "le rôle prépondérant de l’Église dans la société. Il condamne la souveraineté du peuple, la suprématie du pouvoir civil, la liberté de conscience, la liberté de la presse et l’élargissement du droit de vote à tous les citoyens".

Le concile du Vatican vote, en juillet 1870, l’infaillibilité pontificale qui reconnaît au souverain pontife un pouvoir suprême de juridiction dans le domaine de la doctrine comme dans celui de la discipline.

A priori, Pie IX approuve le mouvement d’indépendance et d’unification de l’Italie, en autant que celui-ci ne touche pas aux territoires sous contrôle de l’Autriche-Hongrie, parce que c’est un Empire catholique, et qu’on ne touche surtout pas aux États pontificaux qui, à l’époque, recouvrent un bien plus grand territoire que la seule cité du Vatican.

 

Pie XI

Durant la période fasciste, en Italie, sous le pontificat de Pie XI, les liens entre l’Église et l’État deviennent de plus en plus étroits.

 

Mussolini

Les prêtres participent désormais aux manifestations politiques et bénissent les organisations fascistes. De cette collaboration, sortiront les Accords du Latran qui comportent une convention financière entre l’Italie et le Vatican. Pour prix de sa collaboration, Mussolini est reçu en 1932 par Pie XI qui l’honore de l’Éperon d’or.

À Montréal, dans la paroisse italienne de Notre-Dame de la Défense, on peut encore aujourd’hui reconnaître Mussolini dans une fresque de l’église.

Son Éminence le cardinal archevêque de Milan de 1929 à 1954, A.I. Schuster est béatifié par Jean-Paul II le 12 mai 1996. Le cardinal avait soutenu Mussolini en 1935 dans sa guerre coloniale en Éthiopie.

EN ESPAGNE

En 1936, la jeune république espagnole est agressée par l’armée dirigée par le général Franco. Très vite, la hiérarchie catholique espagnole reconnaît là son Sauveur, chef de file d’une nouvelle croisade.

  

 

Franco

Le soutien officiel de l’appareil catholique espagnol à la barbarie fasciste est apporté par la lettre collective des évêques espagnols du 1er juillet 1937. L’Église catholique était déjà présente dans des organisations franquistes comme la Phalange. Le Vatican, d’abord prudent, ne cache pas son appui à Franco.

Pie XII

Le pape Pie XII déclare, en effet, le 16 avril 1939, une fois la victoire de Franco acquise, que "l’Espagne franquiste est la « patrie élue de Dieu »". La fin du conflit donne lieu à une cérémonie religieuse solennelle avec le caudillo pour héros. Une célébration religieuse à Rome salue aussi cette victoire.

Deux décennies après la fin de la guerre civile, des membres de l’Opus Dei entrent au gouvernement espagnol en 1957 et le 25e anniversaire de la prise du pouvoir confirme le dictateur dans son rôle de « défenseur de l’Église ».

 

La hiérarchie catholique donnant le salut fasciste à Saint Jacques de Compostelle en 1937.

 

Le clergé se battant au service de Franco contre la république Espagnole.

HOMMAGE DE FRANCO A LA MORT D’HITLER

 

A la mort d’Hitler voici comment il lui fut rendu hommage en Espagne sous la dictature franquiste : "Adolph Hitler, Fils de l’Eglise catholique romaine est mort en défendant le Christianisme. Il est donc compréhensible que les mots nous manquent pour pleurer sa mort, alors que tant de choses ont été dites pour exalter sa vie. Sur la dépouille mortelle d’Hitler se dresse le victorieux personnage de moralité qu’il était. Avec la palme du martyr, Dieu lui donne les lauriers de la victoire". Ceci est paru dans la presse espagnole le jour de la mort d’Hitler. Cette oraison funèbre à l’ endroit du chef nazi constituait un défi pour les alliés victorieux et venait directement du Saint-Siège. C’ était un communiqué du Vatican fait par l’ entremise de Madrid sous la couverture de la presse du général Franco. 

Franco et Hitler

AUTRES CRIMES DE L’EGLISE CATHOLIQUE

Comment le Vatican a soutenu le développement du fascisme et protégé la fuite de ses militants !
Il y a un peu plus d’un an, sur base de la loi américaine définissant le libre accès aux documents et archives, un ex-procureur a réussi à rassembler aux Etats-Unis toute une série de documents d’archive et de témoignages qui mettent à jour le rôle déterminant joué par le Vatican dans la consolidation du pouvoir fasciste et la protection pontificale d’importants dirigeants fascistes en exil.

Le Royaume des Cieux, purification idéalisée des maux qui accablent l’homme réel, s’affronte une fois de plus à sa sinistre réalité. Alors que semblait tomber dans l’oubli la participation sanglante de l’Eglise en général et du Vatican en particulier à ce qu’ils nommèrent l’évangélisation des "sauvages", à la répression ouverte lors de l’Inquisition, à l’industrie de guerre,… ces saintes institutions, immaculées de tout péché terrestre, représentantes de Dieu sur terre,… sont une fois de plus pointées du doigt. Dénoncées comme organisatrices directes du massacre des hommes qu’elle prétendait conduire sur le chemin de la rédemption peu avant la dite Deuxième guerre mondiale, l’Eglise est également accusée d’avoir protégé les fascistes. La paix aux hommes de bonne volonté montre son vrai visage: défense intransigeante et terroriste des intérêts globaux du capital. Décidément, l’oscillation entre fascisme et anti-fascisme est une pratique qui n’a pas uniquement compromis les institutions terrestres mais également celles des cieux. Et c’est fraternellement unies qu’elles ont toutes participé au massacre .

Confrontée à la vague révolutionnaire la plus importante de l’histoire , entre 1917 et 1923, la Très Sainte institution catholique (véritable Etat parmi les autres Etats), Vatican en tête, prend l’initiative de lutter contre ce qu’elle appelle le danger communiste. Dès 1920, elle organise des groupes d’action dont la structure générale s’appellera: INTERMARIUM. Cette initiative a pu compter sur la participation de fascistes notoires. Les services secrets britanniques et français s’impliquèrent également dans INTERMARIUM. Les groupes composant cette organisation se définissaient ouvertement comme anti-communistes et leurs objectifs déclarés étaient "la mobilisation de l’organisation catholique dans la lutte contre le communisme" (Pie XI) et la création d’un réseau catholique dans toute l’Europe pour faire face au danger communiste développé sur le continent suite au processus insurrectionnel en Russie.

La guerre sainte n’a épargné aucun effort et n’a refusé aucune alliance pour arriver à ses fins. Ainsi par exemple, à l’aube de la dite Deuxième guerre mondiale, un sinistre personnage fait son apparition: Ante Pavelich, nationaliste bien connu pour ses campagnes terroristes en Yougoslavie peu avant la guerre et qui, réfugié en Italie, a été jugé par contumace. Avec la protection de Mussolini et la bénédiction d’un ecclésiastique de grande sainteté, le père Draganovich, Pavelich organise les célèbres Oustachis: groupes militaires entraînés à l’assaut des centres du pouvoir. L’occasion se présente en 1941 lorsque, grâce à l’appui des bombes assassines de Hitler, ils peuvent entrer en Croatie et organiser un gouvernement nationaliste de type fasciste. C’est ainsi que débutent, en Croatie, 4 années de terreur ouverte, avec camps de concentration et autres bontés chrétiennes.

La charité humanitaire s’associe aux bandes armées pour convertir les hérétiques au catholicisme. Les curés bénissent ces corps spéciaux et leurs croisades/pogroms menés à l’aide de pistolets, de grenades et de dagues (symbole des Oustachis). Le Vatican offre son appui au nouveau gouvernement et un Saint Curé franciscain est nommé Commandant du camp de concentration croate. Des membres du clergé participent comme fonctionnaires à ce camp, d’autres sont nommés membres du parlement, les monastères sont remis à Pavelich pour y installer de véritables bases militaires. Des moines franciscains prennent une part active à la campagne militaire et crucifient les hérétiques,… La guerre sainte s’organise et se dote de tous les moyens nécessaires: une idéologie nationaliste et ouvertement raciste, des messes, l’évangile, la croix, des cantiques pleins de ferveur,… comme du temps de l’Inquisition. La terreur catholico-nationaliste qui se développe au nom de la charité chrétienne en Croatie est tellement brutale que d’après des sources de l’époque, mises à jour lors de cette enquête, les soldats nazis, les soldats fascistes et les SS se disaient eux-mêmes choqués, écoeurés par les méthodes de torture, les assassinats massifs et autres cruautés en vigueur… Et comme si tout cela n’était pas suffisant, après 10 mois de terreur ouverte, le régime des Oustachis recevra la bénédiction de l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine: le représentant du Vatican est au premier rang lors de la cérémonie d’inauguration officielle du parlement oustachi et le pape Pie XII reçoit Pavelich à deux reprises. Montini, qui est alors secrétaire du Vatican et qui deviendra bientôt le pape Paul VI, en remerciements des services ecclésiastiques rendus, reçoit également cet enfant de Dieu qu’est Pavelich. Mais ces directeurs d’âmes innocentes et chrétiennes ne renoncent pas pour autant aux occasions de se retrouver aux côtés de leurs frères terrestres: l’organisation du Royaume des Cieux a besoin de nombreux arrangements, appuis, participations,…

PIE XII ET LE NAZISME

De 1918 à 1938, le Vatican soutient l’Anschluss (annexion de l’Autriche par l’Allemagne) et l’invasion par Hitler de la Tchécoslovaquie.

En 1933, un Concordat est négocié à Rome entre l’Allemagne nazie et le cardinal Pacelli, le futur Pie XII. En échange du maintien des écoles catholiques, subventionnées par l’État allemand, l’Église catholique lève l’interdiction pour les catholiques d’adhérer au Parti nazi.

 

Hitler

Le silence du Vatican sur les crimes nazis pendant la seconde guerre mondiale étonne, pour le moins. Le pape voit peut-être en la domination nazie sur l’Europe de l’Ouest un rempart contre le communisme. Pie XII craint un accroissement de la politique antireligieuse de Hitler qui pourrait se traduire par des confiscations de propriétés du clergé. Ces confiscations sont toutefois suspendues en juillet 1941 par Hitler. Néanmoins, la non-ingérence du Vatican auprès des belligérants se poursuit. À propos de la « solution finale », aucune protestation n’est émise de la part de Pie XII hormis de l’affliction pour les victimes. Ainsi, Pie XII ne mettra jamais d’entraves à l’entreprise destructrice du nazisme. Il ne veut pas accroître les malheurs déjà présents. Ce qui ne justifie aucunement sa politesse envers le régime nazi jusqu’à la fin du conflit.

 

Paul VI Le pape qui ne voulait pas fâcher Hitler

Documents inédits à l’appui, le magazine allemand Der Spiegel révèle l’existence d’un pacte de non-agression implicite entre le Vatican et le régime hitlérien.

Dès mars 1933, Eugenio Pacelli, le futur pape Pie XII, qui n’était encore que le secrétaire d’Etat, c’est-à-dire le ministre des Affaires étrangères du Vatican, aurait incité les évêques allemands à ne plus critiquer le nouveau régime mis en place par Adolf Hitler. Comme l’indique une note de son protecteur de l’époque, le cardinal Pietro Gasparri, citée par le Spiegel, "tant que Hitler ne déclare pas la guerre au Saint-Siège et aux dignitaires catholiques en Allemagne, nous ne devons pas condamner le parti de Hitler."

 

On suppose que le pape Pie XII aurait en se contraignant au « silence » sur les victimes, notamment juives, du nazisme vécu un « drame intérieur d’une très rare acuité ». Mais la consultation des archives des années trente et quarante révèle la virulence de l’antisémitisme clérical. On doit s’interroger sur la participation à des massacres, sur le refus d’aide aux victimes, voire sur l’éventuel pillage de biens juifs. On doit aussi porter une grande attention au sauvetage-recyclage des bourreaux, opération de masse que des travaux ont commencé à saisir depuis 1969.

 

"AMEN " LE FILM DE COSTA-GAVRAS.

Parce que «Hitler protégeait la chrétienté du communisme», l’Eglise catholique a refusé de condamner pendant la dernière guerre le régime qui exterminait les juifs.

C’est le thème du film de Costa-Gavras, «Amen».

Quand la croix était gammée

 

Affiche du film de Costa-Gavras, «Amen».

Mais cette affiche résume bien le propos du film. Elle montre que le Vatican et l’Eglise ont eu une responsabilité dans le génocide des juifs et des tziganes, par leur silence, parce qu’ils ont été passifs. L’Eglise de France a d’ailleurs reconnu cette responsabilité dans une " Déclaration de repentance " en 1997. L’Eglise déclarait alors que " des évêques avaient pu acquiescer, par leur silence, à des violations des droits de l’homme et laisser le champ libre à un engrenage mortifère " .D’après les historiens, le pape Pie XII était au courant du génocide depuis 1942. Prendre ouvertement position pour défendre les juifs aurait été une attitude trop anti-allemande.par son silence, Pie XII s’est rendu complice de crimes contre l’humanité. Encore aujourd’hui, le Vatican n’aime pas que l’on parle de ce pape. Jusqu’à aujourd’hui, les archives du Vatican d’après 1929 étaient restées fermées au public.

Prolongeant la pièce de Rolf Hochhuth, «le Vicaire», le nouveau film de Costa-Gavras, «Amen», dénonce l’attitude du Vatican, qui, trahissant ses idéaux et sa mission pendant la guerre, ne leva pas le petit doigt pour sauver les juifs exterminés dans les camps nazis. Ils ne savaient pas, fut-il dit à l’époque. Depuis, une masse d’études, de documents et de témoignages a démontré le contraire. La chronologie, sous ce rapport, est révélatrice. 1933: Hitler prend légalement le pouvoir à Berlin. Depuis l’année précédente, sous l’instigation d’un évêque allemand, les nationaux-socialistes se sont rapprochés du Vatican. L’organe officiel du parti nazi annonce que «Mein Kampf», qui développe les théories antisémites de Hitler, sera désormais la bible du pouvoir. A Rome, Pie XI, alors pape, met à l’index le livre raciste «le Mythe du XXe siècle», mais épargne «Mein Kampf». 1937: les avions de Hitler écrasent Guernica. La Chancellerie crée des camps de concentration destinés aux seuls juifs. A Rome, Pie XI publie une encyclique contre le national-socialisme, mais la complète cinq jours plus tard par une autre encyclique contre le communisme. Pendant ce temps, l’ambassadeur d’Allemagne rencontre Mgr Pacelli, cardinal-secrétaire d’Etat, qui lui fait part de la sympathie du Vatican pour le peuple allemand et de son souhait de créer des liens amicaux avec le maréchal Göring. 1938: Hitler décrète l’Anschluss (rattachement de l’Autriche à l’Allemagne). A Munich, les démocraties s’inclinent devant les conquêtes allemandes. Pie XI ordonne alors la rédaction d’une encyclique pour condamner le racisme et l’antisémitisme. Le document, rédigé par trois jésuites (un Allemand, un Français et un Américain), est livré au pape en février 1939, juste avant sa mort. Sous le nom de Pie XII, le cardinal Pacelli succède à Pie XI en mars et l’encyclique ne sera jamais publiée.
Aussitôt élu, le nouveau pape reçoit en priorité l’ambassadeur du Reich, fait organiser par le nonce, à Berlin, une grande réception pour le cinquantième anniversaire de Hitler et envoie un message de félicitations à Franco pour la victoire catholique remportée en Espagne. Recevant les lettres de créance de l’ambassadeur d’Italie, il lui annonce une extension prochaine du système nazi, mais conclut: «Le souverain pontife doit rester au-dessus de la mêlée s’il veut être le père de tous…» Ainsi se tendent lentement les ressorts de la tragédie qui, journée après journée de guerre, fera du Vatican, sinon le complice, du moins cet observateur romain qui refusera obstinément de voir les crimes que perpétue un régime utile: «Les nazis sont des dictateurs brutaux et obscurantistes, mais ils protègent la chrétienté contre les communistes.» Dès lors, que ce régime extermine les juifs comme il a commencé à exterminer les déficients mentaux devient, littéralement, un point de détail: «Amen» montre que dans la course à l’indifférence abjecte chacun a d’excellentes raisons pour justifier sa lâcheté. Le Vatican, représenté au sein du monde en guerre comme une espèce de paradis dérisoire et ensoleillé, où se traitent les arrangements et les affaires – on a envie de parler d’un paradis ponti-fiscal. Les militaires alliés, qui refusent de bombarder les voies de chemin de fer où passent les trains qui approvisionnent jour après jour les camps de la mort: il faut penser aux réconciliations de l’après-guerre. Les Américains, qui, engagés depuis Pearl Harbor sur deux fronts, refusent de gaspiller leurs forces pour un combat que Roosevelt juge très secondaire.
Cependant dénoncer aujourd’hui ces faits est une chose. Imaginer le déroulement d’une action qui pourra donner naissance à un film susceptible de mobiliser le grand public en est une autre. Ce scénario introuvable, Costa-Gavras, le cinéaste de «Z», de «l’Aveu», de «Missing», l’a découvert, avec l’aide de Jean-Claude Grumberg, au bout du découragement, à force de recherches et d’efforts.

 

DES CITATIONS CATHOLIQUES CHOQUANTES  

L’Illustration, 24 septembre 1932: "Le pape et le clergé ont partie liée avec le régime. D’ailleurs, il n’est aucune cérémonie fasciste importante où le clergé ne figure pas à la première place."

Gazette de Cologne, 31 mai 1927: "Pie XI est certainement le plus allemand des papes qui aient trôné sur le siège de Saint-Pierre." 

Mgr Camara, Evêque de Carthagène pendant la guerre civile d’Espagne (1936-1939): "Bénis soient les canons si, dans les brèches qu’ils ouvrent, fleurit l’Evangile."

Chanoine Carlès Cardo: "En Europe comme en Espagne, la religion a servi… de gendarmerie spirituelle pour monter la garde autour d’un ordre extérieur payé pour défendre le désordre moral."

Abbé Verschaeve (Joug Europa, 1942): "Dans cette lutte, nous devons nous ranger aux côtés de l’Allemagne. C’est pourquoi les jeunes doivent s’engager dans les SS. La gloire verse du feu dans le sang, elle éperonne l’âme."  

Déclaration de Mgr Orsenigo à Herr von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères: "L’Eglise catholique donnera à l’Allemagne tout l’appui moral dont elle est capable."

Mgr Tiso: "Le catholicisme et le nazisme ont beaucoup de points communs et ils oeuvrent la main dans la main pour réformer le monde."

Alexandre Lenôtre: "Devenu Pie XII, Pacelli se révèle le pro-intégriste et germanophile à tous crins. On l’appelle le «Pape allemand» … L’Allemagne est à ses yeux appelée à jouer le rôle de «glaive de Dieu», de bras séculier de l’Eglise… En 1943, il refuse de condamner publiquement les camps de concentration nazis."

Georges Bernanos: "Est-ce que vous comprenez bien ce que je veux dire excellences, éminences et révérences? Après avoir mis vos prestiges et vos argents sous la protection de Hitler est-ce que vous croyez encore les sauver par la vertu de certains privilèges que vous vous vantez de défendre? Nous vous refuserons le bénéfice du droit d’asile, nous vous jetterons sur le parvis, pour être livrés aux bourreaux."

Mgr Stepinac: "Hitler est un envoyé de Dieu."

Baron de Ponnat: "Le catholicisme romain est né dans les sang, s’est vautré dans le sang, s’est abreuvé dans le sang, et c’est en caractères de sang qu’est écrite sa véritable histoire."

Lecomte du Noüy: "En Allemagne, dans les cathédrales comme dans les plus modestes églises de village, des prêtres chrétiens prêchèrent une croisade raciale, exaltèrent les vertus militaires teutonnes et, sous des prétextes qui ne pouvaient tromper que les cerveaux les plus primaires, encouragèrent l’assassinat en masse et le pillage."

Mgr Markoaski, aumônier général de la Wehrmacht: "Le peuple allemand sait qu’il mène une guerre juste. Le peuple allemand doit remplir une grande tâche et notamment devant le Dieu éternel. Le Führer et chef suprême a plus d’une fois imploré, au cours de cette année de guerre écoulée, la bénédiction de Dieu pour notre bonne et juste cause."

Emile Ollivier, de l’Académie Française, l’Église et l’Etat (p. 409): "Quel homme d’Etat, quel souverain pourrait voir sans effroi, au faîte de l’Église catholique, un homme qui dispose des consciences, affranchi de tout contrôle, et pouvant, sans être arrêté par aucune barrière, s’abandonner aux abus, aux excès de l’omnipotence?"

Georges Bernanos, Scandale de la vérité (p. 71): "Je connais le parti clérical. Je sais à quel point il manque de coeur et d’honneur… J’ai répondu dans un language d’homme et non par des phrases honteuses qui renvoient dos à dos, avec une douceur exécrable, le juste et l’injuste, la victime et le bourreau."  

Cardinal Baudrillart (30 juillet 1941): "La guerre de Hitler est une noble entreprise pour la défense de la culture européenne."

Guy Emery Shipler: "Aucun évènement politique ne peut être évalué à sa juste valeur, à l’époque actuelle, si l’on ne connaît pas la part qu’y a prise le Vatican et l’on peut dire qu’il n’existe pas, de nos jours, d’instances dans lesquelles le Vatican ne joue pas – directement ou indirectement – un rôle inquiétant."

Jean XXIII (La documentation catholique, 15 mars 1959): "Pour Nous, Nous ne Nous écartons pas, à l’égard de la très estimable nation allemande, de l’exemple qui Nous a été donné par Notre prédécesseur (Pie XII)…"

 

ETRANGERS ET RESISTANCE EN FRANCE.

Publié: 22 juin 2007 dans Histoire
Le rôle des étrangers dans la résistance
(Les oubliés de l’histoire)
 
D’aprés les études du site "Memoire.net"

Guérilléros Espagnols dans l’Hérault (mon père est accroupi 2ème en partant de la droite)

 

Pourquoi  combattre en France ?
La résistance en France n’a parfois été qu’un concours de circonstance.is de leur pays ou venus de leur propre gré, les étrangers participent aux mouvements de résistance.
Le drame espagnol est pour les étrangers aussi une leçon de chose. Le fascisme pour eux c’était du vécu… Des milliers d’Espagnols croupissent dans les camps d’internement pour les punir de leur antifascisme 
Les étrangers vivent les espoirs et les drames de ceux qui les ont accueillis.  Ils s’insurgent comme eux.  Ils se battront avec eux.
Les accélérations de l’Histoire favorisent de nouveaux liens.  Elles associent les vies les plus diverses.  Les unes ont entendu prononcer Hitler en Allemand, d’autres Mussolini en Italien ou Franco en Espagnol.  Le fascisme s’identifie à Pilsudski en Polonais ou à Horthy en Hongrois.
Plus de 100 000 étrangers se portent volontaires dès 1939 pour défendre les frontières françaises, car il est temps de mettre un terme aux ambitions d’Hitler et de Mussolini.  Ils vivront douloureusement la capitulation…
Certains décideront de ne pas abdiquer.  Les feuilles ronéotypées, à l’encre mal séchée, à peine lisible… Chacun fait ce qu’il peut, où il peut le faire… Qu’importe leurs noms et leurs origines… »
 
 
Pour certains la libération de la France n’est que le premier pas vers la libération de leur propre pays.  C’est le cas par exemple de certains espagnols.  La résistance en France est la poursuite de la guerre commencée en 1936 contre Franco.  Ils créent alors des organisations spécifiques qui ont un but plus lointain : la reconquête de la démocratie et de leur pays.

 
Pour d’autres, la lutte aux côtés de la France, c’est le ralliement à la patrie d’adoption, la pleine adhésion à la résistance pour les mêmes motifs que les Français.  Ils luttaient pour la patrie, celle qu’ils avaient choisie.  Au président de la Cour Martiale qui lui demandait pourquoi, étant Italien, il combattait dans la résistance en France, Spartaco Fontano a simplement répondu « pour un ouvrier, la Patrie, c’est le pays dans lequel il a trouvé du travail ». Ils ne sont pas vraiment des étrangers qui s’engagent dans la Résistance, mais des résistants à part entière qui s’engagent pour la libération du territoire adopté.  Comme les Français, ils luttent dans les réseaux, dans les maquis ou dans les formations extérieures.
 
Ainsi, pour les immigrés économiques, résister c’est s’intégrer à la patrie, alors que les réfugiés politiques ont un projet plus lointain qui concerne leur propre pays, encore plus évident lorsque l’on considère les militaires en transit sur notre sol.
 
 
QUELQUES EXEMPLES
 
 
               Les F.T.P.  M.O.I. et la guérilla urbaine
 
 

Si l’on rencontre des étrangers dans toutes les formes de résistance – réseaux, maquis… -, il y a une formation spécifiquement composée d’étrangers : les  F.T.P.- M.O.I, c’est à dire les Francs Tireurs et Partisan de la Main d’Oeuvre Immigrée.
Encadrés par le Parti communiste ( Les MOI étaient un groupe du parti né dans les années 30), ils sont le plus souvent communistes. On y trouve des Hongrois, Italiens, Espagnols, Polonais, Russes "déserteurs plus ou moins tardifs des bataillons de l’est", nombreux sont aussi les fils d’immigrés ou même des jeunes Français.
 
En région Toulousaine la 35eme Brigade
 
A Toulouse, la présence de nombreux étrangers, en particulier des réfugiés espagnols accélère la prise de conscience et le passage à l’action.
Les militants d’avant guerre se mobilisent pour organiser l’accueil des réfugiés et exilés. Des filières d’évasion sont très tôt mises en place afin de protéger les hommes et les femmes menacés, une solidarité commune réunit les victimes des fascismes.
Les F.T.P.-M.O.I. de la région toulousaine multiplient les actes de guérilla urbaine : destruction d’axes de communication comme les lignes S.N.C.F. ou le Canal du Midi, sabotage de pylônes électriques, attentats individuels contre des soldats allemands dans les cinémas et les restaurants. Mais, il y a aussi des destructions de récoltes et des incendies de greniers dans les campagnes environnantes pour faire échec aux réquisitions de l’occupant.
Les souvenirs des témoins de cette brigade toulousaine montrent ce combat incessant d’une poignée de résistants contre l’occupant. Certains étaient français, mais la plupart étaient espagnols, italiens, polonais…

Libération d’Auch par des guérilléros Espagnols

 
En région Lyonnaise le Bataillon Carmagnole – Liberté
 
LLe bataillon «Carmagnole-Liberté » est un exemple local de la Résistance FTP – MOI. En mars-avril 1942, Joseph Kutin, ancien officier des brigades internationales en Espagne est chargé par la direction M.O.I. de créer un groupe dans la région lyonnaise : à Lyon ce sera        « Carmagnole » et à Grenoble « Liberté »
 
 
Des étrangers présents dans de nombreux maquis
 
 
Il y a eu des Allemands présents dans les maquis français, en particulier dans ceux des Cévennes. Leur intégration à la lutte clandestine n’a pas été toujours aisée mais leur volonté de combattre le nazisme et le fascisme a souvent forcé l’admiration de leurs camarades.
 

Dans le Sud-Ouest, ce sont les Espagnols évadés des camps d’internement qui se sont illustrés dans les maquis de l’Ariège. Mais ils sont présents aussi dans les Glières ou au Vercors. Les guérilleros espagnols ont de nombreuses actions de sabotage à leur actif. Ils ont participé à la plupart des combats pour la libération du Sud-Ouest.
Le Colonel Ravanel, libérateur de Toulouse leur a rendu hommage ainsi :
 
« Ils furent parmi les plus valeureux des résistants ; ils surent se dévouer avec héroïsme et courage et on leur doit certains des plus grands succès lors des combats de la libération des départements du Sud-Ouest… Nos camarades avaient acquis pendant la guerre d’Espagne des connaissances que nous ne possédions pas : ils savaient fabriquer des bombes à l’aide d’explosifs de fortune, ils savaient tendre des embuscades et ils connaissaient à fond les techniques de la guérilla. J’ajoute qu’ils nous avaient conquis par leur courage, leur fraternité, leur abnégation. Ils étaient devenus des frères de combat.»

 

La Légion Etrangère

 
En 1939, de nombreux civils et l’armée républicaine espagnole passent la frontière française pour fuir la terreur franquiste. Ils sont internés par la France dans des camps du sud-ouest, dans des conditions souvent effroyables. Certains parviennent à gagner le Mexique. Mais beaucoup s’engagent dans les rangs de la Légion étrangère pour combattre dès 1940 dans le Nord de La France puis aux côtés des alliés.

Libération de Paris "La Nuévé"

"C’est Franco ou la Légion". Les fuyards étaient mis devant l’alternative suivante retourner en Espagne ou s’engager dans la Légion française «volontairement» Plusieurs furent affectés aux services des fortifications de la Ligne Maginot. Que sont devenus les 15 ou 20 000 Espagnols tombés aux mains des Allemands en Mai 1940 ? Le camp de Mauthausen où périrent plus de 7 000 d’entre eux ! «L’appel du Général de Gaulle » en juin 1940 fui entendu par nombre de réfugiés comme la seule issue honorable. »

 Libération du camps de Mautrausen
 
Dès 1939, 8 465 étrangers s’engagent dans les rangs de la légion étrangère: 3000 Espagnols, 1771 Allemands, 800 Tchèques, 779 Belges, 639 Italiens, 615 Polonais. Quand ils étaient pris par les Allemands, le statut de prisonnier de guerre leur était refusé. Pour eux, c’étaient alors les camps de concentration. 
 

 

 

 

 

 

 

MAIL D’UN AMI.

Publié: 22 décembre 2006 dans Histoire
De : Jo R….
Date : 29/11/06 à 11:09:39
A : Oscar Hernandez
Sujet : que d’émotions!

Cher Oscar

Il y a une bonne semaine que je reporte chaque jour l’envoi de ce mail. Tu as réussi à presque arracher mes larmes à la consultation de la vidéo « couleur sépia » sur ton blog.

Pourquoi ?

Ta musique d’accompagnement est bien choisie, en particulier "j’ai quitté mon Pays…". Ensuite parce   que, je ne sais pas si je t’en ai déjà parlé, mais les évènements de la guerre d’Espagne m’ont ramenés 65 ans en arrière.

En effet, lorsque j’avais entre 8 et 10 ans, à chaque fois que nous montions à Alger, chez mes Grands Parents, il était question de mon oncle Lilo Strock, enrôlé avec les Jeunesses Communistes Algéroises pour combattre Franco en Espagne. Il avait 20 ans, et mes Grands Parents n’ont jamais su comment il      est mort et ce qu’il est devenu; en dehors des informations de camarades qui ont réussi à passer au travers des balles et qui ont pu témoignés de la présence, à leurs côtés, de mon oncle, lors des actions
de résistance.
 
Pour changer de registre et oublier ces moments d’émotion, j’ai observé que Jérôme ressemble à ton
Père.

Amitiés Jo

PS : Si quelqu’un a connu ou entendu parler de Lilo Strock dans les opérations des Brigades internationales de la guerre civile Espagnole vous seriez aimable de bien vouloir me contacter.

CRITIQUE DE FILM.

Publié: 6 décembre 2006 dans Histoire
 

 

No pasaran, album souvenir
 

France, 2003
De Henri-François Imbert
Scénario : Henri-François Imbert
Avec Casimir Carbo, Lucien Torjeman, Jo Vilamosa
Photo : Henri-François Imbert
Musique : Silvain Vanot
Durée : 1h10
Sortie : 29 Octobre 2003

Documentariste réputé, Henri-François Imbert tente de retrouver l’intégralité d’une série de trente cartes postales, ayant pour sujet l’exil forcé des réfugiés espagnols en 1939.

CHATEAU DE SABLE

No pasaràn, album souvenir est un documentaire qui happe l’esprit du spectateur. Dès les premières minutes, la simplicité du dispositif fascine. Henri-François Imbert (Doulaye, une saison des pluies, Sur la plage de Belfast) expose sa démarche artistique. Il a découvert, dans une vieille malle appartenant à ses grands-parents qui habitent dans le Roussillon, six étranges cartes postales aux bords jaunis par le temps. Sur celles-ci, des hommes et des femmes, parfois avec des armes, parfois sans, qui marchent sur la route, les traits tirés. Le metteur en scène nous explique qu’il s’agit-là de six témoignages de la Retirada, la retraite forcée des miliciens espagnols défaits sur le terrain militaire par les troupes de Franco. Il confie sa surprise, son étonnement qu’un tel événement, si important, ne lui ait jamais été relaté, lui l’enfant insouciant du Boulou, village proche de la frontière entre la France et l’Espagne. A partir d’un sujet similaire, Ken Loach avait privilégié la fiction et la reconstitution historique avec le beau Land and Freedom. Henri-François Imbert opte pour un angle différent, plus empirique. Comme il possède la carte numérotée 29, il en déduit qu’il en existe d’autres et part à la recherche des pièces manquantes du puzzle.

VAGUE A L’AME

No pasaràn, album souvenir est une œuvre sur l’indifférence passée et présente et sur l’absence de mémoire collective. Le film se compose essentiellement de cartes postales commentées d’une voix atone par le réalisateur. Il laisse aux spectateurs le soin d’étudier en détails chaque photo, d’imaginer ce qui s’est déroulé hors champ. Ici des voitures alignées dans un pré, là des trains, des wagons ouverts, une foule considérable qui en sort, ou encore des familles entières parquées sur une plage abandonnée aux vents. Henri-François Imbert s’ingénie à retrouver les lieux pour mettre en images leur utilisation actuelle. Un ancien camp de concentration sera devenu par hasard un camping, un parking, une plage pour plaisanciers. Avec le temps, les sites ont perdu toute dimension historique. La plupart des personnes interrogées par le cinéaste l’imaginent comme un collectionneur un peu excentrique. Elles ignorent les faits passés qui rôdent pourtant devant leurs yeux. La mémoire française de la Retirada semble se limiter à une plaque commémorative: "Ici était le camp d’Agde. Des dizaines de milliers d’hommes y séjournèrent dans leur marche vers la liberté".

TERRA INCOGNITA

Révisionnisme historique? Mépris éhonté d’une vérité inavouable? Le récit d’un ancien anarchiste espagnol et les images retrouvées par l’auteur tranchent bizarrement avec cette version franco-française des événements… No pasaràn, album souvenir rebondit alors à la suite d’une coïncidence. Un marchand indique au narrateur qu’il a trouvé des cartes postales qui pourraient l’intéresser. Et pour cause. Les photos détaillent le sort peu enviable d’une partie des exilés espagnols qui "séjournèrent" le long des côtes françaises. 6502 miliciens décédèrent à Mauthausen, un camp d’extermination nazi. On ne saura pas s’ils ont été livrés par les autorités françaises ou simplement oubliés en cours de route. Sur une plage déserte, des réfugiés afghans et kurdes du camp de Sangatte au nord de la France scrutent l’horizon, les yeux emplis d’espoir. Les temps changent mais l’indifférence au malheur d’autrui reste la même. Film monté avec des bouts de ficelles, No pasaràn est une belle leçon de cinéma, de pensée en mouvement, une démonstration brillante qu’une vision artistique et politique ne nécessite pas fatalement de gros moyens financiers, que l’on peut toucher à l’universel en racontant l’intime.

GUERILLEROS ET RESISTANCE

Publié: 5 décembre 2006 dans Histoire

De la Marne aux Pyrénées

Le 19 août, la 3e brigade des guérilleros espagnols libère Foix. Jacqueline Gesta leur rend l’hommage qui revient à leur rôle dans la libération du Sud pyrénéen. Raoul Brondy vivait à Nogent-sur-Marne. Il veut ici évoquer l’atmosphère de la banlieue est de Paris à la veille de sa libération.

 Los olvidados.

Le rôle joué par les guérilleros espagnols dans la résistance du Sud pyrénéen est indubitable. Si elle fut essentiellement communiste en Ariège, d’autres composantes, anarchistes en particulier, y contribuèrent grandement.

En 1939, la République espagnole s’effondre. Des milliers de combattants et de réfugiés, fuyant l’armée franquiste, franchissent les Pyrénées. Sur le versant nord, ils connaissent l’internement, la plupart du temps dans des conditions inhumaines, comme au Vernet d’Ariège. Très vite, une organisation politique se reconstitue : délégation du Parti communiste d’Espagne puis organisation militaire espagnole, en contact avec la direction clandestine du Parti. Car, pour ces hommes, le combat contre le fascisme ne commence pas mais continue. De plus, ils sont ici près de chez eux, dans une zone montagneuse propice à l’action clandestine mais aussi aux contacts avec ce pays qu’ils espèrent un jour reconquérir.

La solidarité va permettre à des centaines d’Espagnols de sortir du Vernet. Des militants de gauche vont fournir des contrats de travail : cela va jusqu’à la création de chantiers forestiers produisant du charbon de bois. Un ingénieur des Mines de Toulouse ouvre en septembre 1940 deux chantiers en Ariège, un dans l’Aude. Le docteur Delteil en ouvre un dans l’Aude, fait cadeau aux guérilleros de tout le charbon de la brigade bois afin de les financer. Ces chantiers permettent aussi de bien utiles allées et venues.

En octobre 1940, une réunion à Argelès organise la résistance du PCE en zone sud. Il y est décidé de « renvoyer en Espagne les meilleurs cadres » mais aussi « de lutter aux côtés du peuple français contre les nazis ». En décembre 1941, on passe à la lutte armée avec la création des guérilleros. Sabotages et déraillements commencent en coopération avec la MOI de Toulouse.

Les guérilleros sont près d’un millier fin 1942. Ils sont 3.000 en mai 1944 tandis que certains d’entre eux rejoignent régulièrement l’Espagne pour y mener le combat clandestin. La répression s’abat sur eux. En avril 1943, à la suite d’une trahison, les maquis d’Aston et de Rieux-de-Pelleport sont attaqués : plus de 80 guérilleros sont arrêtés et seront déportés pour la plupart. Cette opération est menée par les gardes mobiles et les gendarmes dirigés par le préfet sous le contrôle de la police allemande.

L’activité se poursuit néanmoins. Le 3 juillet 1944, ils occupent Lavelanet avec les FTP. Le 21 juillet, ils participent à la bataille de la Crouzette. Le 19 août, la 3e brigade libère Foix et, le 20 août, Saint-Girons avec les FTP. Les 21 et 22 août, deux brigades participent à la bataille de Rimont contre la légion du Turkestan. Cette activité leur vaudra les félicitations du général de Gaulle lors de sa venue à Toulouse en septembre 1944.

Après la Libération, le regard des guérilleros se tourne vers le sud. Ainsi se déroula, de septembre à décembre 1944, le tragique épisode du val d’Aran où ils tentèrent la reconquête de l’Espagne. Ce fut l’échec et une profonde blessure pour ces hommes qui se sentirent abandonnés une seconde fois.

Ainsi, durant toute cette période, les guérilleros marquèrent profondément l’histoire régionale. Cependant, beaucoup reste à faire pour dresser un tableau complet de leur contribution qui mérite pourtant de passer dans l’Histoire, celle que l’on transmet.

Jacqueline Gesta

Toulouse

La poussette de mon petit frère

En ce temps-là, j’habitais rue du Viaduc à Nogent-sur-Marne et travaillais dans une compagnie d’assurances rue La Fayette à Paris. J’avais seize ans. Un jour d’août, la coopérative d’entreprise répartit entre les salariés des choux, des pommes de terre, des poireaux. Une aubaine ! Je n’avais aucun moyen de les rapporter. Le lendemain, plus aucun transport. Trains, autobus, métro, en grève. Comme le dîner de la veille – je m’en souviens encore – s’était limité à une soupe aux fanes de poireaux, une sardine, des rutabagas, un morceau de pain au son avec un peu de fromage, je résolus de me rendre à pied à la compagnie (parcours aller-retour : 30 kilomètres environ). Afin de transporter sans trop de peine mes quelques kilos de précieux légumes, je me munis de l’ancienne poussette de mon petit frère.

L’aller se déroula sans fait notable. Paris était calme, quelques queues habituelles devant les boutiques. Sur le lieu de mon travail où nombre de collègues avaient fait comme moi, les plus chanceux à bicyclette, il me fut indiqué que les boches s’étaient enfuis et la circulation sans obstacle.

Fausse nouvelle !

J’entrepris le chemin de retour. Place de la République : barrage de barbelés, une immense pancarte « Défense de passer » agrémentée d’une énorme tête de mort. Je contournais donc par de petites rues pour me retrouver boulevard Voltaire.

Temps merveilleux, douce chaleur ; la chaussée du boulevard était vide mais les trottoirs garnis de promeneurs silencieux ou d’habitants du quartier échangeant les dernières nouvelles. Je cheminais sous des regards parfois envieux vers la place Voltaire lorsque soudain des claquements semblables à ceux d’une mitraillade percèrent le silence. Tous les piétons se retrouvèrent au sol. Je me retrouvais couché sous un banc public, ma poussette et les légumes dans le caniveau.

A droite de la rue Oberkampf, un camion bourré de soldats vert-de-gris. Certains avaient mis pied à terre et pointaient leurs armes dans toutes les directions. Un ordre guttural fit froid dans le dos. Les militaires s’agrippèrent aux flancs du véhicule qui reprit sa route.

En fait, le moteur avait eu des ratés. Du boulevard immédiatement debout partit un immense éclat de rire, les promeneurs saluant les soldats d’un « raoust ! ». Je récupérais ma poussette et mes légumes, aidé de mes voisins d’un instant.

De retour à Nogent, je constatais que chaque pilier du viaduc était gardé par un soldat allemand au lieu des civils requis précédemment. Quelques jours plus tard, des coups de feu nous réveillaient de bon matin. Des hommes que je ne voyais pas tiraient sur les gardiens de pilier qui répondaient par des rafales de mitraillettes. Puis un bruit de moteurs. Des véhicules blindés allemands venaient à la rescousse, suivi d’un grand calme ; les FFI avaient décroché. La nuit suivante, un bruit assourdissant nous réveilla de nouveau. Les Allemands avaient fait sauter le viaduc (construit sous Napoléon III) au-dessus de la Marne. La masse de pierres avait provoqué le débordement de la rivière. Sur les rives, les poissons sautillaient. Tout le quartier était là. Ce fut une pêche miraculeuse.

Raoul Brondy

Le Perreux

L’intégrale de l’HUMANITÉArticles parus dans l’édition du 19 août 1994.